[03/03/2008 20:38:16] PARIS (AFP)

L’IUMM a contre-attaqué lundi face au Medef, acceptant le “réexamen” des conditions du départ de Denis Gautier-Sauvagnac et une nouvelle direction générale, pour mieux revendiquer toute sa place au sein du patronat français.

A l’issue d’une réunion “exceptionnelle” face à “la campagne violente dont fait l’objet l’ UIMM , son nouveau président, Frédéric Saint-Geours, a annoncé le départ de Denis Gautier-Sauvagnac, qui était toujours délégué général, et de Dominique de Calan, délégué général adjoint, les deux postes opérationnels de la fédération.

Il a annoncé dans la foulée une “réorganisation” de la direction de l’UIMM.

Par ailleurs, l’indemnité de départ de 1,5 million d’euros, qui avait mis le feu aux poudres ce week-end, sera “réexaminée”.

M. Saint-Geours a toutefois jugé “normal” que “salarié depuis 15 ans à l’UIMM”, Denis Gautier Sauvagnac ait “droit à quelque chose pour son départ”. Il a ajouté sur France 2 qu’il rencontrerait mardi la présidente du Medef, Laurence Parisot.

Mais l’UIMM s’est montrée inflexible sur un éventuel abandon des mandats nationaux de la fédération dans les institutions où elle représente le patronat, l’une des exigences de Mme Parisot.

Ces mandats, une centaine, concernent notamment l’Unedic, l’Agirc (retraites complémentaires des cadres) ou le 1% logement.

“Le bureau de l’Union réaffirme, de façon forte et unanime, qu’il entend conserver, dans l’intérêt de l’ensemble des entreprises, tous les mandats auxquels l’UIMM a toujours su apporter son expertise et son expérience dans l’intérêt général”.

“Le président demande donc au Medef qu’il en soit ainsi. L’UIMM continuera ainsi à jouer pleinement son rôle”, insiste la fédération.

Une dizaine de membres de l’instance dirigeante de l’UIMM ont assisté à cette rencontre, qualifiée par un porte-parole de “rapide, claire et unanime”.

Parmi eux, Jean-Paul Béchat, l’ancien président de Safran, Christian Streiff, PDG de PSA Peugeot Citroën, et Yvon Jacob, président du Groupe des fédérations industrielles (GFI).

Michel de Virville, qui a démissionné de la présidence de l’Unedic, était également présent.

M. Saint-Geours avait convoqué cette réunion après que Mme Parisot eut déclenché les hostilités samedi contre la puissante fédération patronale. Elle avait notamment demandé aux membres de l’UIMM exerçant des mandats nationaux au nom du Medef de les remettre immédiatement à sa disposition.

En réponse, M. Saint-Geours “a réaffirmé avec force l’indépendance et le rôle essentiel joué (…) par l’institution auprès des entreprises”, soulignant “l’importance de ses compétences tant en matière sociale que de formation et son expérience avérée en matière de relations et de négociations sociales”.

Présent depuis un peu plus de deux mois à la tête de cette organisation plus que centenaire, il a assuré que l’UIMM s’était “engagée dans un processus de renouveau”. Elle “se veut exemplaire tant en matière de gestion, de finance que de fonctionnement interne”, a-t-il dit.

M. Denis Gautier-Sauvagnac, qui a quitté la présidence en décembre, a été mis en examen en janvier dans l’affaire des retraits suspects de fonds dans les caisses de la fédération patronale.

La présidente du Medef a reçu le soutien du gouvernement et de la majorité, à commencer par la ministre de l’Economie Christine Lagarde, qui a plaidé pour la “transparence”.

A gauche, le PS a pressé le gouvernement de “mettre en oeuvre le plus vite possible les outils juridiques empêchant la dissimulation de la vérité”.

Du côté des syndicats, François Chérèque (CFDT) a estimé que le réexamen des conditions de départ de M. Gautier-Sauvagnac constituait “un début d’aveu de culpabilité” de la part de l’UIMM. Bernard Thibault (CGT) a souhaité que le Medef entre “dans une nouvelle ère du dialogue social”, faute de quoi les épisodes actuels ne seraient “que des règlements de compte”.

 03/03/2008 20:38:16 – © 2008 AFP