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Le siège de l’Opep à Vienne (Photo : Barbara Gindl)

[02/02/2008 12:49:04] VIENNE (AFP) L’Opep, par sa décision de maintenir à l’identique sa production, ne fait rien pour aider une économie mondiale en difficulté, la peur d’une chute des prix en cas de récession l’ayant emporté sur le souci de ménager les consommateurs.

“L’Opep est sur une ligne très défensive”, juge Bill Farren-Price, analyste de Medley Global Advisors à l’issue de la réunion extraordinaire des ministres des treize pays de l’organisation au siège de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole à Vienne vendredi.

Le cartel est très inquiet d’une possible récession aux Etats-Unis, qui minerait la demande d’hydrocarbures. Il pourrait donc envisager une baisse de son offre pour défendre ses revenus lors de sa prochaine réunion le 5 mars dans la capitale autrichienne.

Après l’intercession de George W. Bush en faveur d’une hausse de l’offre pétrolière mi-janvier auprès des Saoudiens, traditionnels alliés des Américains, ces derniers pouvaient encore garder l’espoir d’un geste du cartel. “Nous allons continuer à plaider” pour une hausse de production de l’Opep, a réagi le porte-parole de la Maison Blanche Tony Fratto vendredi après la fin de non recevoir du cartel, tout en agitant la menace d’une baisse de la demande.

“Si vous voyez le prix du pétrole augmenter, vous verrez la demande de pétrole baisser”, a lancé M. Fratto, ajoutant que les décisions de l’Opep “ont un impact réel sur l’économie”.

“L’économie n’a pas besoin de pressions supplémentaires sur le pouvoir d’achat et la croissance avec des prix pétroliers quasi records”, a renchéri l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), qui représente les intérêts des pays consommateurs.

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Une torche d’extraction pétrolière, le 14 octobre 2003 sur la côte angolaise (Photo : Martin Bureau)

Mais si le cartel et en particulier l’Arabie saoudite craint que les prix élevés du brut n’encourage à terme un transfert vers des énergies alternatives et une baisse de la demande, il veut aussi éviter une redite du scénario catastrophe après la réunion de Jakarta en 1997.

Il avait alors augmenté sa production, au début de la crise asiatique, entraînant un effondrement des prix sous dix dollars le baril.

Or, depuis leur record de début janvier (100,09 dollars) les prix ont perdu plus de 10 dollars, dans la foulée des mauvaises nouvelles de l’économie américaine, et sont tombés vendredi sous 90 dollars.

En insistant dans son communiqué sur les craintes de ralentissement économique, l’Opep cartel a donc signalé un possible passage à l’offensive pour empêcher les stocks pétroliers de s’accumuler.

“Nous devons défendre les prix”, a clairement affirmé le ministre vénézuélien Rafael Ramirez.

Pour Simon Wardell, de Global Insight, “leur instinct était déjà de couper” la production cette fois-ci, croit savoir mais il ne l’a pas suivi car “la pression était trop forte”.

Mais d’après Bill Farren-Price, même les Saoudiens, chefs de file de l’Opep, “n’hésiteront pas à baisser la production s’ils sentent que l’économie se détériore et que la demande faiblit”.

“Si les prix baissent encore de 7-8 dollars” d’ici la réunion de mars, même les Saoudiens auront du mal à convaincre leurs partenaires de ne pas baisser la production, renchérit Vera de Ladoucette, de Cambridge Energy Research Associates.

Mais une baisse de production serait diplomatiquement difficile à défendre alors que l’économie mondiale est fragilisée.

Si les prix ne baissent pas trop brutalement, le cartel pourrait se contenter d’un maintien officiel des plafonds de production tout ajustant discrètement sa production à la baisse.

D’autant plus que l’Opep-12 (sans l’Irak, non assujetti aux quotas) produit en ce moment 100.000 barils de plus que sa production officielle de 29,67 millions de barils par jour.

 02/02/2008 12:49:04 – © 2008 AFP