Schéma de développement 2008 : Priorités et contraintes

Tunisie –
Schéma de développement 2008 : Priorités et contraintes

Par Abou Sarra

Le schéma de développement pour le prochain exercice continuera à
consacrer la corrélation entre le social et l’économique. Un surcroît
d’intérêt sera accordé à la fois à l’emploi, à l’amélioration de
l’environnement des affaires, aux investissements directs dans
l’infrastructure et les équipements collectifs et à l’institution
d’incitations financières destinées à impulser l’initiative privée et à
inciter à la création d’entreprises productives.

Ce schéma a fait, la semaine dernière, l’objet de deux conseils
ministériels. Le premier a été consacré au budget économique et le second au
budget général de l’Etat et à la loi de finances 2008.

Le budget général de l’Etat serait fixé à 15 millions de dinars environ. Son
financement sera financé à plus de 75% par les ressources propres et le
reste par des emprunts.

Ce budget est mis au point sur la base de moult contraintes : le calcul du
budget économique sur la base d’un prix du baril de pétrole de l’ordre de 70
dollars, la hausse, sans précédent, des prix des produits alimentaires de
base (flambée des prix des céréales et des huiles végétales), la poursuite
du processus de réduction de l’encours de l’endettement qui sera ramené à
52% du PIB contre 55% actuellement, la maîtrise du déficit budgétaire dans
la limite de 3% (sans la prise en compte des dons et des recettes de
privatisation), l’accroissement des besoins en compensation qui s’élèveront
à plus de 980 millions de dinars contre 56o millions de dinars en 2007, la
faiblesse des recettes fiscales (des mesures pour élargir l’assiette fiscale
sont prévues)…

En dépit de ces contraintes, la croissance sera au rendez-vous. Selon des
informations concordantes (y compris les prévisions annuelles du XIème plan
2007-2011), ce schéma prévoit, pour 2008, un taux de croissance de 6,1%
contre 6% prévus et 6,3% attendus, en principe, pour fin 2007.

Le budget de l’Etat servira à financer les dépenses à vocation sociale
(éducation, santé, formation professionnelle, enseignement supérieur…), à
hauteur de 56%, des dépenses de souveraineté nationale (diplomatie, défense,
intérieur, présidence, parlement …) dans la limite de 20,6% et des dépenses
économiques (départements techniques : industrie, énergie, mines,
agriculture, services, …), dans une proportion de 20,4%.

Au plan social, la priorité des priorités sera accordée à la promotion de
l’emploi. L’accent sera mis sur la création d’emplois au profit des diplômés
de l’enseignement supérieur dans les secteurs porteurs. La fonction publique
créera, à elle seule, quelque 13.000 emplois dont plus de 50% dans les
secteurs de l’éducation, de la santé et de l’enseignement supérieur.

Le secteur privé est invité à créer de nouveaux emplois à travers le
renforcement des programmes de mise à niveau des entreprises et de
modernisation de leurs méthodes de travail.

Une attention particulière sera accordée à une meilleure articulation et à
une meilleure synergie entre formation professionnelle et enseignement
supérieur, d’une part, et entre université et entreprise, d’autre part.

Les activités devant favoriser l’amélioration des indicateurs de
développement humain et la promotion des conditions de vie et du pouvoir
d’achat du citoyen seront renforcées.

Au plan économique, une attention sera portée à l’amélioration de
l’environnement des affaires. Finalité : conforter la compétitivité de
l’économie. La loi de finances prévoit, à ce sujet, des incitations
substantielles. Dans cette même optique, un processus de développement d’une
infrastructure logistique et technologique destinée à l’entreprise sera
entamé.

En appui de ces projets, des programmes sectoriels prioritaires seront
élaborés et les équilibres généraux de l’économie seront préservés à travers
l’impulsion de l’épargne et la maîtrise de la consommation.