[06/06/2007 19:59:12] TOULOUSE (AFP) La réunion du Comité central d’entreprise (CCE) d’Airbus France, mercredi, a permis d’entrer “dans le vif du sujet”, le volet social du plan de restructuration “Power8”, mais a provoqué la colère des syndicats pour qui “il n’y a pas de place pour le dialogue social”. Au même moment, en Allemagne, les salariés de trois usines Airbus cessaient le travail pour protester contre la vente prévue de leurs usines. Devant les difficultés que rencontre l’avionneur européen, le président Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il se rendrait “à la mi-juillet” à Toulouse avec la chancelière allemande Angela Merkel. Le projet de réorganisation, présenté par la direction mercredi près de Toulouse, “n’a pas bougé d’un poil depuis l’annonce du plan le 28 février”, a déclaré Jean-François Knepper, co-président FO du comité européen, à l’issue de discussions marathon au siège d’Airbus France. Le plan Power8 prévoit notamment la suppression de quelque 10.000 emplois chez Airbus et les sous-traitants, dont 4.300 en France et 3.700 en Allemagne. Selon lui, le projet “laisse à Airbus France une part insignifiante de l’activité” et particulièrement de “l’activité d’aéro-structures qui réunit six sites dont cinq sont à vendre”. “Ce n’est pas franchement acceptable et pas vraiment équilibré comme on nous l’avait promis”, a-t-il remarqué ajoutant que leurs “collègues allemands sont responsables de la partie du fuselage et de la cabine, l’essentiel des activités d’Airbus”. Pour M. Knepper, “une organisation doit être acceptée par les salariés et aujourd’hui le sentiment d’injustice est tel qu’elle ne le sera pas”. Cette incompréhension s’est traduite à Méaulte (Somme) par un arrêt de travail des salariés depuis mardi, “quand ils ont compris que la fermeture de leur site était définitive”, selon Xavier Petrachi, délégué syndical CGT. Pour ce site, Airbus souhaite en fait s’associer à des partenaires pouvant investir dans les matériaux composites. En Allemagne, les salariés des usines de Laupheim, Varel et Nordenham, trois sites dont la vente ou la cession est prévue, ont également procédé mercredi à des débrayages. Mercredi, les organisations syndicales présentes au CCE ont pu avoir la confirmation que la France serait “le pays le plus touché” en terme d’emplois par le plan de restructuration. “A Force Ouvrière, nous continuons de refuser les ventes, les cessions de sites et le partenariat parce que cela ne répond à aucune logique industrielle ni même économique et financière tel que le projet est engagé”, a réagi M. Knepper. Une position confortée par celle de la CGT qui, par la voix de M. Petrachi, estime que “la direction ne laisse pas de place au dialogue” et “présente des propositions établies et définitives”. “Ce qui se passe aujourd’hui, c’est le démantèlement d’Airbus donc l’affaiblissement de ce qui fait la colonne vertébrale de notre industrie aéronautique européenne”, a souligné Jean-François Knepper, qui ne désespère pas de faire “une nouvelle fois changer d’avis le président Nicolas Sarkozy”. Pour Françoise Vallin, représentante CFE-CGC au comité européen, la procédure de lancement du plan social se fait d’habitude quand le plan de charges de travail “est très faible, voire inexistant”. “Pour notre part, nous le faisons à pleine charge”. “C’est vraiment une première, une rareté”, a-t-elle conclu, alors que la compagnie aérienne irlandaise Aer Lingus a annoncé mercredi une commande ferme de six Airbus A350 XWB et six Airbus A330-300 E. |
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