[05/05/2007 13:19:54] PARIS (AFP) La Bourse de Paris, actuellement focalisée sur les fusions-acquisitions, attend la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) la semaine prochaine, qui pourrait ouvrir la voie à une future baisse de ses taux directeurs, selon les économistes. Le CAC 40 a gagné 2,09% sur la semaine, et franchi le seuil des 6.000 points pour la première fois depuis plus de six ans. Il a en particulier gagné 1,13% vendredi pour finir la semaine à 6.068,83 points et affiche une progression de 9,34% depuis le début de l’année. Les autres Bourses européennes ont également progressé sur la semaine, l’indice Footsie de la Bourse de Londres gagnant 2,88% et le Dax de la Bourse de Francfort progressant de 1,76%, soit de nouveaux sommets depuis sept ans pour les deux. “Les marchés sont focalisés sur la thématique des fusions-acquisitions, au moment où les sociétés ont beaucoup d’argent et disposent d’un réservoir de synergies si elles se regroupent”, a expliqué à l’AFP Yves Marçais, stratégiste chez Global Equities. De la banque aux médias, en passant par l’industrie minière et l’énergie, la course au mariage touche en effet tous les secteurs, avec une hausse de 23% sur un an des fusions annoncées dans le monde au premier trimestre, selon les chiffres du cabinet d’études Dealogic. Parmi les spéculations les plus récentes, l’envolée de l’action du groupe de médias et de services financiers Reuters, que convoiterait son concurrent canadien Thomson. Le titre a pris 25,09% sur la seule journée de vendredi. Sur le front économique, parmi les bonnes nouvelles de la semaine, l’indicateur d’inflation le plus suivi par la Fed a ralenti en mars sa progression sur un an à 2,1% contre 2,4% le mois précédent. Ce chiffre “approche de la fourchette d’inflation souhaitée par la Réserve fédérale”, qui va de 1% à 2%, s’est réjoui James Knightley, économiste pour la banque ING. En plus, le chiffre modeste des créations d’emploi aux Etats-Unis a été bien accueilli par les investisseurs, car il fait suite à d’autres indices témoignant d’une croissance américaine modérée, alors que la Fed se réunit mercredi pour réexaminer son taux directeur, actuellement fixé à 5,25%. “Non seulement l’économie et le marché du travail sont bien en train de ralentir, mais la résistance des gains de productivité au premier trimestre ainsi que la sagesse des salaires confirment qu’il n’y a pas de risque de dérapage” des prix, a estimé l’économiste Marc Touati. Selon M. Touati, “la voie est donc libre pour un prochain desserrement des taux directeurs de la Fed”, qui pourrait intervenir dès juin avant une seconde baisse d’un quart de point “à l’automne”. Mais pour Marie-Pierre Ripert, économiste chez Ixis, qui table elle aussi sur la poursuite de la décrue du nombre des créations d’emplois dans les prochains mois, la baisse des taux directeurs américains est plus probable durant l’été qu’en juin. Selon Mme Rippert, cette baisse est inéluctable car la croissance américaine va significativement ralentir dans les trimestres à venir, en raison d’un “moindre effet richesse lié à l’immobilier”. Sa forte hausse ces dernières années avait enrichi les familles américaines, qui craignent maintenant un recul des prix de l’immobilier. Côté résultats trimestriels, sont attendus notamment mercredi celui de BNP Paribas, et jeudi ceux de la Société Générale, d’EADS et de Rhodia. |
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