France : taux de chômage de 8,3% en mars, polémique sur l’ampleur de la baisse

 
 
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[26/04/2007 19:08:26] PARIS (AFP) Le quinquennat de Jacques Chirac s’achève sur une baisse quasi-continue du chômage depuis deux ans, avec un taux BIT ramené à 8,3% en mars selon une estimation provisoire publiée jeudi, mais l’ampleur de cette amélioration reste incertaine et contestée.

En mars, la France comptait 2.036.600 demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE dans la catégorie 1 (à la recherche d’un emploi à temps plein en CDI et immédiatement disponibles) qui sert de référence depuis 1995. Cela représente une baisse de 1,4% en un mois (-29.500 personnes).

Le nombre de chômeurs, ainsi établi, a baissé de manière quasi-ininterrompue depuis février 2005 (-437.400 personnes), a précisé le ministère de l’Emploi.

Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), calculé différemment, est revenu à 8,3% de la population active en mars, après 8,4% en février.

Le ministère a cependant souligné que la série actuelle du chômage au sens du BIT restait “provisoire”. La révision complète de ces statistiques, habituellement effectuée en mars, a en effet été repoussée à l’automne.

Le taux de chômage n’était pas redescendu à un niveau aussi bas depuis juin 1983, mais la comparaison est peu probante, selon des statisticiens du ministère de l’Emploi qui ont fait grève jeudi contre la parution de leurs propres chiffres.

Le nombre exact de personnes en recherche d’emploi et l’intensité des progrès enregistrés par le gouvernement sortant en matière d’emploi fait l’objet d’une contestation sans précédent sur fond de campagne présidentielle.

La controverse s’est nouée autour des changements intervenus à l’ANPE en 2006 dans le suivi des chômeurs, et autour de la non publication avant les élections de l’Enquête Emploi de l’Insee.

La direction de l’Insee aurait paniqué, selon des syndicalistes car les premiers résultats contredisaient l’ampleur de la baisse enregistrée en 2006.

La controverse a été avivée par la décision le mois dernier de l’Office européen des statistiques, Eurostat, de réviser à la hausse le taux de chômage français, à 8,8% en février au lieu de 8,4% selon le gouvernement français.

Pour le directeur général de l’assurance chômage (Unedic), Jean-Pierre Revoil, une baisse du chômage a bien eu lieu et elle devrait continuer “mais à un rythme moins rapide”.

Le défi à relever désormais est “l’inadéquation entre les besoins des entreprises et les profils des demandeurs d’emploi”. C’est “le problème français”, dit-il au quotidien La Croix à paraître vendredi.

L’Unedic s’en tient à un pronostic de taux de chômage de 8,3% fin 2007.

L’indemnisation des demandeurs d’emploi reste également un problème, moins de la moitié étant pris en charge par l’assurance chômage, et c’est pour le rappeler qu’une poignée de chômeurs et intermittents du spectacle sont montés occuper pendant 48 heures le toit de l’Unedic, avant d’être évacués par la police jeudi.

La baisse de mars a concerné des demandeurs d’emploi de tous âges.

L’entrée dans la vie active reste toutefois difficile pour les jeunes déscolarisés à la recherche d’un emploi, dont le taux de chômage BIT atteint 21,2% en mars (21,4% en février).

Contrairement à une idée reçue, la part des 15-24 ans à la recherche d’un emploi est sensiblement la même en France et en Allemagne, mais les jeunes Français, au cours des sept ans suivant l’obtention de leur plus haut diplôme, passent davantage par la case chômage, relevait récemment le Centre d’analyse stratégique (ex-Commissariat au Plan).

Sans les moins de 25 ans, ni les 50 ans et plus, le taux de chômage national serait à 7,5% en mars.

 26/04/2007 19:08:26 – © 2007 AFP