Les milliardaires de Russie plus riches, mais aussi plus sages selon Forbes

 
 
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Le milliardaire russe Roman Abramovitch, lors d’un match de son club Chelsea, le 4 mars 2007 (Photo : Chris Young)

[19/04/2007 18:22:53] MOSCOU (AFP) Les milliardaires russes sont de plus en plus nombreux et de plus en plus riches, mais ils se sont assagis et semblent même se réconcilier progressivement avec la population russe, selon le magazine Forbes, qui recense chaque année les 100 citoyens les plus riches.

Selon ce palmarès, qui est le pendant russe de celui publié chaque année aux Etats-Unis, 2006 a été “une bonne année” pour ces personnalités, pour la plupart des hommes d’affaires encore jeunes (45 ans en moyenne), souligne le magazine.

Globalement, leur fortune a bondi de 36% en un an, si bien que chacun d’eux “pesait” en moyenne 3,4 milliards de dollars.

“L’année a été bonne. Tout ce que vendent les membres de la liste coûte cher : le pétrole, les métaux non ferreux, le gaz, le papier, les actions Gazprom et les mètres carrés à Moscou”, souligne le magazine.

Le classement demeure dominé cette année encore par Roman Abramovitch, 40 ans et propriétaire du club de football anglais Chelsea: sa fortune s’est d’ailleurs arrondie d’un milliard de dollars depuis l’an dernier, à 19,2 milliards, indique Forbes.

La deuxième place revient au magnat de l’aluminium Oleg Deripaska, avec 16,8 milliards de dollars, suivi du sidérurgiste, Vladimir Lissine, 51 ans. Principal actionnaire du Combinat métallurgique de Novolipetsk, il possède 15,1 milliards de dollars.

Sur les 140 milliards de dollars d’excédent commercial dégagés l’an dernier par la Russie, est partie “dans les poches” des membres de la liste, note Forbes.

Mais une autre tendance apparaît aussi dans le pays : celle d’une “réconciliation” entre les milliardaires-oligarques et la population russe, affirme ce magazine imprimé sur papier glacé, dont les nombreuses publicités pour les voitures de luxe et les montres incrustées de diamants s’adressent de toute évidence en priorité aux premiers.

“Une révolution tranquille est en train de se produire dans les coeurs des Russes. Pour nombre d’entre eux, le milliardaire n’est plus un objet de haine, mais un personnage de la rubrique mondaine”, estime Forbes.

Un apaisement à mettre à la fois au compte de l’embellie de la situation économique du Russe moyen et au fait que les oligarques ont eux mêmes opté pour un profil bas et plus discret, estime le magazine.

“Le milliardaire de 2007 se soucie du bien de l’Etat, il construit des églises, donne de l’argent aux orphelinats. Peut-être cela a-t-il contribué à la réconciliation civile. Mais plus probablement, la raison en est que le revenu réel des Russes a augmenté de 10% au cours de la seule année qui vient de s’écouler. L’argent est le meilleur des sédatifs”, souligne Forbes.

Le patron de la banque Alfa, Mikhaïl Friedman, interrogé par le magazine, juge aussi que “si le capitalisme, même dans sa forme imparfaite actuelle, se poursuit encore pendant 10-15 ans, la richesse sera légitimisée” en Russie.

Forbes note en outre que le profil des milliardaires est cette année plus varié que lors de sa première édition en 2004 : le classement ne compte aujourd’hui plus que 18 dirigeants issus des secteurs pétrolier et gazier, contre 41 à l’époque.

Mais il prévient que cela n’a rien à voir avec un processus naturel de diversification, mais correspond plutôt à la reprise en main de vastes secteurs de l’économie par l’Etat, qualifié d'”aventurier agressif et efficace”.

 19/04/2007 18:22:53 – © 2007 AFP