La Bourse se rue sur les fabricants de lignes électriques à haute tension

 
 
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Lignes à haute tension à Blandy-les-Tours, près de Melun (Photo : Joël Saget)

[11/01/2007 08:56:32] PARIS (AFP) Les investisseurs s’arrachent les actions des fabricants d’équipements permettant de transporter l’électricité, alors que la Commission européenne souligne que les producteurs d’énergie ont pris du retard dans les investissements permettant de relier leurs différents réseaux.

Les ventes d’équipements pour transporter et distribuer l’électricité devraient “croître de 15% par an d’ici à 2010”, souligne une étude des analystes de la banque suisse UBS publiée mercredi.

UBS distingue cinq raisons d’y croire: le boom des marchés émergents, “la récurrence des pannes d’électricité, les exigences en terme d’interconnexion, le renforcement constant de la réglementation et la croissance à deux chiffres des commandes” pour les réseaux de transport d’électricité.

Selon Christel Monot, analyste d’UBS, les mieux placés pour profiter de ce boom sont le suisse ABB, l’allemand Siemens et le français Nexans, ex-filiale d’Alcatel, dont le cours a engrangé 237% depuis son entrée en Bourse en 2001.

L’action Nexans a même pris 33% sur les deux derniers mois de 2006, après la panne géante du 4 novembre, qui a privé de courant 15 millions d’européens, dont cinq en France.

Ce jour-là, dans le Nord de l’Allemagne, la ligne à très haute tension qui enjambe un fleuve pour relier deux grands réseaux européens a été coupée, afin de laisser passer un paquebot sortant d’un chantier naval.

A la source du problème “l’engagement commercial” qui a poussé à “faire transiter trop de courant sur les lignes”, notait un rapport rendu public le 30 novembre par l’Union pour la coordination de transport de l’électricité en Europe (UCTE), qui fédère une vingtaine d’opérateurs de réseaux.

La panne a montré l’interdépendance électrique entre l’Allemagne et la France, dont cette dernière profite encore peu, faute de lignes à haute tension permettant d’acheminer son énergie nucléaire au bon moment et au bon endroit.

En décembre, EDF a indiqué aux analystes, lors d’une visite du site de Flamanville, que ses centrales nucléaires ne sont utilisées qu’à 77,9% contre une moyenne de 89% chez Suez, son grand concurrent européen pour le nucléaire.

La Commission de Bruxelles estime les investissements nécessaires dans les infrastructures électriques interfrontalières entre “700 et 800 millions d’euros par an” et déplore que seulement “200 millions d’euros par an” y soient consacrés.

Selon les analystes d’UBS, ce rattrapage devrait aussi profiter au géant helvético-suédois ABB, fournisseur historique du réseau suisse, dont les nombreux lacs de barrages, au coeur de l’Europe, répondent aux pics de demande.

Autre fournisseur important d’infrastructures, le français Areva, qui a racheté en 2003 l’ex-filiale “Transmission et Distribution” d’Alstom.

Les actions Areva et ABB ont gagné respectivement 187% et 202% en trois ans.

Les analystes avertissent cependant que la forte demande pour les réseaux électriques stimule l’innovation, comme pour les réseaux Internet dans les années 90, avec une obsolescence rapide des matériels.

Nexans a annoncé en particulier mardi le rachat de The Valley Group, jeune société américaine “spécialiste de la surveillance thermique en temps réel des lignes électrique aériennes”.

“Les opérateurs électriques sont nos plus grand clients et The Valley édite des logiciels qui permettent d’ajuster la gestion de leurs réseaux en fonctions des variations climatiques, comme le vent ou la température”, a indiqué à l’AFP Pascale Strubel, directrice de la communication de Nexans.

 11/01/2007 08:56:32 – © 2007 AFP