Restructuration des activités portuaires, du nouveau

 
 

maritime200.jpgLe processus de restructuration des activités portuaires vient d’être
renforcé par la connexion des principaux opérateurs maritimes à la Liasse
unique du transport, une sorte de guichet unique destiné à fournir
l’ensemble des documents dématérialisés nécessaires pour l’accomplissement
des formalités de commerce extérieur liés au transport maritime.

Une convention a été signée à cette fin, vendredi 8 décembre 2006, à Tunis,
entre la société Tunisie Trade Net (TTN), d’une part, l’Office de la marine
marchande et des ports (OMMP), la Compagnie tunisienne de navigation
(CTN) et la société tunisienne d’acconage et de manutention (STAM),
d’autre part. 

La convention porte sur l’interfaçage (connexion) des systèmes d’information
des trois organismes avec le Centre serveur de TTN comme une première étape
dans la mise en œuvre de la liasse transport, prévue en avril 2007. 

Composante de la liasse unique, la liasse de transport, créée en août 2006,
constitue un système intégré de traitement des procédures exigées des
opérateurs maritimes à  l’import et à l’export.  

Cet instrument a pour objectif de simplifier les procédures de transport
maritime, d’assurer une meilleure fluidité au transit des marchandises, de
dématérialiser et de normaliser les documents, l’ultime but étant de
parvenir un jour au «zéro document». 

L’enjeu de cette réalisation n’est pas à démonter lorsqu’on sait que le
domaine portuaire constitue un maillon d’une importance vitale dans la
promotion du commerce extérieur tunisien et par conséquent dans le
développement de l’économie. L’activité portuaire  assure le transit de pas
moins de 95% des échanges commerciaux du pays avec l’extérieur.  

Concrètement, les avantages de cette dématérialisation des procédures liées
au commerce extérieur seront perceptibles à travers  la réduction des délais
d’entreposage des marchandises dans les ports, une meilleure exploitation
des espaces portuaires, une meilleure visibilité de la marchandise
transitant par les ports, autant d’atouts qui ne manqueront pas de rejaillir
positivement sur la  compétitivité des produits locaux et son corollaire
l’accroissement des exportations tunisiennes. 

Pour mémoire, la Tunisie a été sévèrement critiquée pour les surcoûts du
transport maritime et de ses répercussions négatives sur les délais de
livraison, et partant, sur la compétitivité de la production locale en
général. 

Depuis la prise de conscience de ces insuffisances une stratégie a été mise
au point pour restructurer l’activité portuaire avec le concours financier
de l’union européenne (UE).

L’UE a ainsi alloué des fonds pour restructurer l’opérateur STAM (Acconage
et manutention), libéraliser le régime du travail portuaire et indemniser
600 dockers, introduire la concurrence au port de Tunis –Goulette – Radès et
financer l’étude du futur port en eaux profondes. 

Conséquence : l’Office de la Marine Marchande et des Ports tunisiens (OMMT)
s’emploie, petit à petit à se désengager  des activités à caractère
commercial.  

L’accent a été mis sur l’encouragement du travail des privés dans les ports.
Les autorisations relatives à l’exercice de certains m étiers (lamanage,
gardiennage des navires et des marchandises, enlèvement des huiles usées…)
ont été remplacées par des cahiers des charges. 

Les efforts ont été également axés sur la conclusion de contrats de
concession concernant l’exploitation des terre-pleins et des magasins du
bassin de Radès avec obligation de service public au profit de la STAM. 

Parallèlement, des accords de concession ont été conclus avec des
entreprises publiques (STIR, cimenterie de Bizerte, El Fouledh …) pour
l’exploitation de ce qu’on appelle à l’OMMT «des quais spécialisés». 

Et pour ne rien oublier, toutes ces réformes seront appuyées par un
important programme de mégaprojets portuaires propres qui, une fois
réalisés, ne manqueront pas de restituer, au littoral tunisien, le prestige
des anciens comptoirs de Carthage. 

Ce programme comporte la réalisation d’un terminal pour les navires de
croisière au port de la Goulette, au port de Bizerte et au port de Sousse,
la construction d’un terminal à conteneurs et d’une zone d’activités
logistiques au port de Radès et la création d’un port en eau profonde à
Enfidha. 

Selon les dernières statiques de l’OMMT, les ports relevant de sa tutelle
ont réalisé un trafic de 21,7 millions de tonnes soit 14,5 Mt à l’entrée et
7,2 Mt à la sortie, en hausse par rapport à l’année 2004.  

Le trafic des passagers a continué sa progression avec une hausse de 11%
passant de 551.000 passagers en 2004 à 612.000 passagers. De même pour le
trafic des croisières touristiques qui a connu un accroissement de 30%
atteignant 585.000 touristes en croisière en 2005 contre 450.000 en 2004.