[08/08/2006 13:40:49] PARIS (AFP) Après BNP Paribas en Italie et la Société Générale en Croatie ces derniers mois, le Crédit Agricole a choisi de renforcer sa présence en Grèce: des marchés qui ont l’avantage d’offrir de réelles opportunités de croissance, sans présenter le même niveau de risque que les pays émergents. “Ce sont des pays en rattrapage, avec un taux d’équipement de produits financiers pour les ménages inférieur à la moyenne européenne et des marges nettement plus élevées”, commente Alain Dupuis, analyste de la maison de courtage Oddo Securities. “Surtout, dans le cas de la Grèce et de l’Italie, vous ne prenez pas de risque de change, comme c’est le cas, par exemple, en Turquie”, ajoute-t-il. Les variations de taux de change peuvent y être assez “brutales” au point que Denizbank, la banque turque rachetée fin mai par Dexia pour près de 2 milliards d’euros, “vaut aujourd’hui 15 à 20% de moins”, assure-t-il. Coup sur coup, le Crédit Agricole a réalisé deux opérations de croissance externe: fin juillet, il a déboursé un milliard d’euros pour prendre une participation de 50% dans Fidis, filiale de services financiers de l’italien Fiat. Puis, lundi soir, à l’issue d’une OPA lancée le 13 juin, la banque française a atteint son objectif de détenir au moins 40% du capital d’Emporiki, la troisième banque grecque par le nombre d’agences, valorisée à 3,3 milliards d’euros. La banque verte, qui détenait déjà près de 9% d’Emporiki depuis 2000, n’a pas choisi de se renforcer en Grèce par hasard. En 2005, le marché grec du crédit immobilier a progressé trois fois plus vite que la moyenne de la zone euro, à 33% contre 11%. En ce qui concerne le crédit à la consommation, la croissance a été quatre fois plus rapide, à 28% contre 7%.
De même, expliquait le directeur général de BNP Paribas Baudouin Prot pour justifier le projet de rachat de Banca Nazionale del Lavoro pour 9 milliards d’euros, le marché bancaire italien, tout en étant “culturellement proche du marché français”, “se développe plus rapidement pour les produits clés (crédit à l’habitat, crédit à la consommation, assurance-vie), ce qui le rend particulièrement attractif”. Quant aux pays d’Europe centrale et orientale, où la Société Générale a pris une longueur d’avance en s’implantant en Roumanie dès 1999, “on peut faire le pari que certains rejoindront à moyen terme la zone euro”, éliminant par là-même le risque de change, soutient M. Dupuis. La “SocGen” s’est offerte récemment, pour un milliard d’euros, la croate Splitska Banka, un établissement situé sur la côte dalmate, une région en expansion rapide grâce notamment au tourisme. Pour autant, à l’exception du Crédit Agricole qui affirme préférer investir en Europe de l’Ouest et autour du bassin méditerranéen, les grandes banques françaises ne négligent pas les marchés émergents et savent faire preuve d’opportunisme, saisissant les occasions qui correspondent à leurs critères d’acquisition. Il ne s’agit pas d’un “arbitrage entre l’Asie et l’Europe”, affirme Jean Sassus, analyste de Raymond James Euro Equities. La Société Générale est ainsi en lice pour racheter une importante banque chinoise et BNP Paribas est entré au capital de la Nanjing City Commercial Bank à l’automne dernier, avant d’augmenter sa participation dans le coréen Shinhan Financial Group en avril. |
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