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Logo de BP dans une station-service à Huddersfield en Angleterre (Photo : Paul Ellis)

[08/08/2006 16:53:17] WASHINGTON (AFP) La compagnie pétrolière britannique BP, qui affirme appliquer une tolérance zéro pour les accidents industriels, a été accusée de laxisme après une série d’incidents graves sur son réseau d’oléoducs en Alaska ces derniers mois.

“C’est consternant que BP ait laissé cet oléoduc important se détériorer à un tel point qu’il a fallu fermer la plus grande partie de la production”, s’est insurgé le représentant démocrate John Dingell, membre de la commission sur l’Energie et le Commerce de la Chambre des représentants.

“BP doit prendre toutes les mesures nécessaires pour réparer ou remplacer les oléoducs à problèmes rapidement, afin que les consommateurs américains n’aient pas à payer pour le laxisme de BP”, a-t-il ajouté.

Il a demandé au Congrès, actuellement en vacances, d’organiser des auditions pour faire toute la lumière sur cet accident et voir s’il ne faudrait pas revoir les réglementations pour éviter ce genre de problèmes à l’avenir.

Du côté des marchés, on soulignait mardi que la nouvelle fuite ayant conduit à la réduction de la production, pendant sans doute plusieurs mois, de 400.000 barils de brut par jour, arrivait à un très mauvais moment pour l’approvisionnement pétrolier américain, puisque le gros de la saison des ouragans est attendue pour les semaines à venir et pourrait endommager les infrastructures pétrolières du golfe du Mexique.

Début juin, M. Dingell avait déjà alerté l’Agence américaine de surveillance des installations pétrolières (PHMSA) sur la situation particulière des oléoducs de BP en Alaska après une fuite d’environ un million de litres en mars. Cet accident avait engendré la plus grave pollution dans le nord de l’Alaska de tous les temps.

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Photo non datée du site de BP à Prudoe Bay

Cette agence avait alors exigé un examen approfondi des oléoducs avant le 12 juin. Mais BP avait réussi à faire reporter la date butoir.

“Avec des prix du baril de brut au-delà de 70 dollars et des bénéfices record, BP doit pouvoir assurer le nettoyage et la maintenance de ses oléoducs”, a insisté de son coté le représentant démocrate Ed Markey.

Mais l’élu a également blâmé le gouvernement américain, l’accusant de négligence pour n’avoir pas imposé des normes plus strictes aux compagnies pétrolières.

Le responsable de l’équipe de surveillance du réseau en Alaska, Bill Hedges, a expliqué devant la presse qu’il ne pensait pas devoir nettoyer plus souvent ces installations car “les fluides transportés étaient supposés être propres”.

“Cette assertion était fausse, nous devons revoir ce programme”, a-t-il concédé tout en reconnaissait que jusqu’aux accidents du printemps, les oléoducs d’Alaska n’avaient pas été sondés depuis 1992 pour détecter des traces de corrosion.

Le ministère des Transports, responsable du réseau d’oléoducs dans tous les Etats-Unis, a dépêché lundi une équipe d’experts sur place pour déterminer l’état d’avancement de la corrosion des tuyaux.

Celle-ci serait de nature microbienne selon plusieurs responsables de BP, qui attendent toutefois d’avoir les résultats de laboratoires pour pouvoir dire exactement ce qui a causé la dernière fuite en date.

Pour redorer l’image du groupe, son PDG Bob Malone a, sans attendre, annoncé le remplacement de plus de 25 km de tuyaux par mesure de précaution.

Un site internet spécialement consacré à l’accident de Prudhoe Bay a été lancé mardi par la compagnie, illustré de photos aériennes et détaillées des installations en Alaska, et accompagné de déclarations se voulant rassurantes de la direction.

 08/08/2006 16:53:17 – © 2006 AFP