Comment peut on être français

 

Comment peut-on être français

___________________________________



Par Ibtissem

 

france.jpgPour
clore ce séjour parisien sur lequel on peut rédiger des centaines de
papiers, la question posée en titre peut être bizarre, mais mes chers
lecteurs, c’est que je n’en sais rien, comment peut on être français. car
Paris offre une caractéristique bien spécifique laquelle heureusement
disparaît en province : vous pouvez y séjourner des jours et des jours sans
rencontrer ou causer avec un indigène.

Dans les grandes capitales du monde, à Tokyo on trouve et on croise des
japonais partout, à Dakar des sénégalais, au Caire des égyptiens mais à
Paris, hormis le policier qui vous tamponne le passeport à l’aéroport,
vous pouvez être accosté par un taxis généralement africain, habiter un
hôtel ou le réceptionniste est de chez nous et la femme de chambre indienne, manger chinois et faire vos courses dans les quartiers où vous ne croisez
que vos compatriotes, et durant 15 jours vous n’apercevrez que les
silhouettes silencieuses et affairées des indigènes dans le métro.

Mais , tout cela change en dehors de cette énorme capitale, il y a
donc plusieurs
autres Frances :

 

– celles
des villes de provinces où l’accueil est différent et où la tolérance est de
mise et ou les prix sont aussi plus doux,
– celles des villages dont certains font moins de 100 habitants où l’on vous
accueille à bras ouvert et où l’on mange très bien et copieusement

N’a-t-on pas écrit il y a plusieurs décennies un ouvrage sur Paris et le
désert français ?

 

Mais
quand on revient à Paris on constate que ce mastodonte est constitué de
groupes sociaux et sociaux professionnels qui se croisent et s’entrecroisent
et qui peuvent aussi s’interférer et se compléter, nous allons essayer de
les identifier, et si cette approche est erronée que les experts m’en
excusent :

– les auvergnats chers à Brassens tiennent la restauration et quelle
restauration, on vous sert une montagne de truffade et des pavés de viande
de 500 g à des prix corrects,
– les bretons et les bretonnes qui il y a quelques années tenaient le haut
du pavé,
– les corses qui jouent le jeu,
– les djerbiens qui tiennent boutique quasiment jusqu’à minuit, hiver comme
été et adaptent leurs prix en fonction de l’heure et de la température
extérieure,
– les polonais qui transforment l’expression plombier polonais en pléonasme,

– les tunes qui se font de la thune et poursuivent leur bonhomme de Sentier,
– les roumaines qui pratiquent le body time share,
– les mélaninés qui dans leur majeure partie balaient les rues ou déchargent
les camions ou gardent les immeuble et certains même ont permis à la France
de gagner la coupe du monde,
– les paumés de la planète qui soient se réchauffent sur une sorte
d’aération soit sont enfermés dans leurs banlieues brûlantes,
– les étudiants qui ont quitté le quartier saint Michel pour être dispersés
dans la nature et le quartier latin est devenu le quartier moyen oriental
avec le nombre de cafés chichas, de charwarmas et de casse croutiers,…

Essayez ensuite de trouver les parisiens là-dedans, vous risquez d’en
rencontrer au théâtre, au restaurant et dans leurs quartiers résidentiels,
mais j’attends toujours de parler avec eux, et même s’ils viennent chez eux
ils sont enfermés dans leurs hôtels et ne cherchent dans notre pays que les
3 S…

Adieu Paris, car pour te revoir je dois refaire la queue pour avoir un visa, justifier que j’ai des ressources, disposer d’une réservation d’hôtel et
attendre le bon vouloir d’un agent consulaire qui me demandera « qu’est ce que
vous allez faire en France «… mais quelle question !