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« Développer nos ventes au delà de nos frontières est une voie obligée, pour
relever les défis majeurs de la croissance, et l’intégration des
technologies de l’information dans nos pratiques d’affaires est une action
indispensable à prendre pour y parvenir. »

 

pc1_121205.jpgDans une optique de
sensibilisation des entreprises tunisiennes aux impératifs de l’utilisation
des TI dans l’élaboration d’une démarche stratégique à l’exportation, M.
Karl Miville de Chêne, Directeur du bureau d’études canadien Consultation «
Contacts Monde » et expert en négoce international, a animé lors de son
dernier passage en Tunisie en septembre dernier un séminaire portant sur
l’utilisation d’Internet à des fins d’exportation. Cette formation, qui a
connu un franc succès, tant à Tunis qu’à Sousse, a touché une centaine de
conseillers en exportations, d’entreprises privées et publiques ainsi que
des organismes actifs au sein des activités commerciales internationales de
la Tunisie.


Organisé à l’initiative du titre de Promotion des Exportations (CEPEX), ce
cycle de formation s’inscrivait dans les préoccupations actuelles des
entreprises tunisiennes qui, dotées d’importantes infrastructures
technologiques, ne sont pas toujours en mesure de maximiser l’utilisation de
leurs installations. En effet, selon une récente étude menée par
l’Observatoire tunisien du e-management, 93% des entreprises tunisiennes
sont connectées à Internet. De ce nombre, seulement 48,4% disposent d’un
site Web.  Ainsi, nos entreprises sont concernées par l’utilisation de
l’Internet dans leurs pratiques d’affaires mais il n’en demeure pas moins
difficile de démontrer jusqu’à quel point elles s’en servent sur une base
régulière. Ainsi, lors de sa présentation, l’expert canadien a insisté sur
le fait que la Tunisie était le pays le plus avancé d’Afrique en terme de
technologies de l’information et possédait des ressources humaines
considérables mais qu’il y avait encore un effort à faire pour optimiser
l’utilisation de ces installations.

 

Dans cet ordre d’idées, l’expert
soutient que le développement des exportations doit passer par des
plates-formes Web qui devront faciliter l’accès à l’information mais
également aux marchés éloignés. Il définit Internet comme une source
inépuisable d’information dans laquelle il est, paradoxalement, facile de
s’y perdre. Il conseille de déterminer de façon stratégique ses besoins en
information avant de préciser les termes clés utilisés sur les engins de
recherche. Ainsi, savoir organiser et gérer le flot d’informations
permettrait aux entreprises de recueillir celles qui serait la plus
pertinente dans leur démarche à l’export. « Internet, en plus de constituer
une source inépuisable d’information, permet d’étudier l’environnement
externe de l’entreprise dans le confort de son bureau, alors que les
barrières géographiques tombent », souligne t il.

 

Cependant, il recommande de
vérifier la fiabilité de la source d’informations. Des sources telles que
les portails d’affaires, les associations professionnels et les sites
gouvernementaux peuvent constituer de véritables mines de renseignements,
d’autant plus que ce sont des références officielles.


Toujours sur le thème de la recherche d’informations, K Miville de Chêne a
présenté le forums de discussions comme étant un important terreau df
personnes partageant les même; intérêts et a suggéré leur utilisation
puisqu’ils constituent un bon outil de développement de réseaux de contacts,
où d’heureuses rencontres peuvent déboucher sur des occasions d’affaires.

 

Ensuite, notre expert a évoqué
les avantages de l’utilisation d’Internet dans la croissance de petites et
moyennes entreprises. En effet, naviguer sur le Web permet d’explorer des
opportunité; d’affaires sans trop engager de ressources au préalable et
facilite par la même occasion la prospection des marchés étrangers «Dans
votre conquête de nouveaux marchés, l’arme numéro un de votre arsenal
demeure le site des places d’affaires virtuelles et des répertoires de
foires commerciales ». Par exemple, visiter le site des organisateurs de
salons permet de prendre connaissance des principaux compétiteurs et clients
potentiels. Un échange nourri avec les clients potentiels avant la tenue du
salon et une recherche sur les concurrents présents permettront de
rentabiliser la participation au salon qui générera des résultats concrets.
Le travail de prospection étant déjà réalisé, il ne restera alors qu’à
signer les éventuels ententes. En résultera une économie considérable de
temps,’mais surtout d’argent!

 

Par la suite, à titre d’expert
invité, Nader Yamoun, Agent conseil en communication interactive chez Web
Design, a abordé l’importance d’un site corporatif de qualité dans la
stratégie d’exportation. Il a mis l’accent sur la simplicité de l’interface
du site et l’accès facile et rapide à l’information. L’important étant
d’être vu, lu et entendu: « Une stratégie d’hébergement efficace et un
référencement de qualité sauront faire la différence entre un site hautement
visité et un site qui découragera l’internaute de par son temps de
téléchargement, sans oublier que le site concurrent se retrouve à deux
clics. », explique t il.

 

Dans l’élaboration d’un site Web
corporatif, le conférencier poursuit en proposant une approche dynamique
plutôt qu’une approche statique ; c’est à dire un site dont l’information
serait constamment mise à jour dans le but d’inviter l’internaute à le
revisiter. Des liens menant à des sites d’informations ou d’organisations
professionnelles du secteur d’activité de l’entreprise donneraient de la
crédibilité au site et représenteront un bon indice du sérieux de
l’entreprise.

 

La transparence et le partage de
l’information sur sa plateforme Web aurait donc pour effet de créer un
sentiment de confiance chez l’internaute en plus de le fidéliser en
l’invitant à revenir sur le site pour parfaire ses connaissances. Il a
également mis en lumière l’importance de la diffusion de l’information et du
savoir comme avantage stratégique bien que plusieurs entreprises s’obstinent
encore à faire leur credo selon lequel le fait de détenir l’information sans
toutefois la partager est symbole de pouvoir.

 

À titre d’exemple, lors de son
intervention, K. Miville de Chêne a cité, entre autre, PasseMontagne Inc,
une entreprise familiale québécoise spécialisée dans la conception et la
fabrication de murs d’escalade intérieurs et extérieurs et de prises
d’escalade, qui compte une dizaine d’employés actif. Située dans un petit
village au nord de Montréal, malgré sa taille et sa localisation, Passe
Montagne Inc exporte aux États Unis, en Asie et en Amérique du Sud. Grâce à
la mise à jour de son site Internet et à l’amélioration de sa position les
engins de recherche, Pas Montagne Inc a récemment conquis le marché
européen. «En effet, l’utilisation des TI à travers une démarche à
l’exportation constitue parfois l’unique porte d’entrée sur les marchés
internationaux et permet aux petite et moyennes entreprises de repousser les
frontières. », explique-t-il.

 

 En plus du fait qu’elle
garantit une visibilité à l’échelle internationale, l’utilisation des TI
permet également d’assurer une communication continue avec les clients
étrangers réduisant ainsi la durée et la fréquence des voyages et les coûts
des autres moyens de communication.

 

Cependant, malgré l’importance
qu’il accorde à la communication électronique l’expert revient sur
l’importance du contact humain dans l’établissement d’un climat de confiance
avec ses partenaires et dans le renforcement de ses relations d’affaires.
«C’est maintenant confirmé, l’ordinateur sert l’homme mais ne le remplacera
jamais», a-t-il conclu

 

H.K.

La Tunisie-Economique-Octobre
2005