La Tunisie se classe 89e sur 143 pays dans l’indice 2026 de l’État de droit du World Justice Project (WJP), avec un score de 0,48, en baisse de 1,4 % sur un an. Le rapport souligne des fragilités concernant les contre-pouvoirs, les droits fondamentaux et la justice, malgré certaines améliorations dans l’accès à la justice civile.
La Tunisie enregistre un nouveau recul dans l’indice mondial de l’État de droit publié le 21 octobre 2026 par le World Justice Project. Avec un score global de 0,48 sur une échelle de 0 à 1, elle occupe la 89e place mondiale et le 6e rang parmi les dix pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord évalués.
Dans cette région, les Émirats arabes unis arrivent en tête, suivis du Qatar et du Koweït. Parmi les 33 pays à revenu intermédiaire inférieur, la Tunisie se classe 7e.
Contre-pouvoirs et droits fondamentaux sous pression
L’examen des huit composantes de l’indice révèle des disparités importantes.
La Tunisie se situe au 99e rang mondial pour les limites imposées aux pouvoirs de l’État et au 101e pour les droits fondamentaux. Elle occupe également la 94e place pour le gouvernement ouvert, qui mesure notamment la transparence et la participation citoyenne.
Le WJP indique que la Tunisie figure parmi les pays ayant enregistré un recul des libertés d’expression, de réunion et d’association, ainsi que de la participation civique.
L’organisation relève également un affaiblissement des limites judiciaires aux pouvoirs de l’exécutif.
CHIFFRES CLÉS
- 89e sur 143 : classement mondial de la Tunisie en 2026.
- 0,48 : score global d’État de droit, en baisse de 1,4 %.
- 6e sur 10 : classement régional MENA.
- 101e sur 143 : classement pour les droits fondamentaux.
- 99e sur 143 : classement pour les limites des pouvoirs de l’État.
- 80e sur 143 : classement pour l’application de la réglementation.
Une justice aux résultats contrastés
Les performances judiciaires présentent un tableau nuancé.
La Tunisie se classe 94e pour la justice civile et 89e pour la justice pénale. Le WJP signale néanmoins deux évolutions favorables : une amélioration de l’accès à la justice civile et de son caractère abordable, ainsi qu’une progression de l’absence de discrimination dans ce domaine.
Ces avancées ciblées ne compensent pas nécessairement les faiblesses observées dans d’autres dimensions institutionnelles. Elles montrent cependant qu’une dégradation du score global peut coexister avec des améliorations particulières.
Quels enjeux pour le climat des affaires ?
Pour les entreprises et les investisseurs, la qualité de l’État de droit constitue une dimension importante de l’environnement économique.
L’application prévisible des réglementations, la possibilité de faire valoir ses droits et l’indépendance de la justice participent à la sécurité juridique des activités.
Or, la Tunisie occupe le 80e rang mondial pour l’application de la réglementation et le 68e pour l’absence de corruption.
Le WJP relève, à l’échelle internationale, une association entre solidité de l’État de droit, prospérité économique, stabilité des prix et qualité du crédit souverain.
Cette relation ne permet toutefois pas d’attribuer directement une évolution économique tunisienne à son classement.
L’enjeu est désormais de comprendre quelles dimensions institutionnelles expliquent le recul global et dans quelle mesure les améliorations observées dans la justice civile peuvent se consolider.
EN BREF
- La Tunisie occupe la 89e place mondiale sur 143 pays et juridictions dans l’indice 2026 de l’État de droit du World Justice Project.
- Son score global atteint 0,48, en baisse de 1,4 % sur un an.
- Le pays se classe 6e parmi les dix pays évalués dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.
- Les droits fondamentaux et les limites imposées aux pouvoirs publics figurent parmi ses dimensions les moins bien classées.
- Le WJP relève néanmoins des améliorations concernant l’accès à la justice civile et l’absence de discrimination.
- Ces résultats soulèvent des questions de sécurité juridique et de prévisibilité institutionnelle.


