autorouteAu regard de certaines déclarations de responsables de bailleurs de fonds de la Tunisie et de leur insistance à faire démarrer, dans les meilleurs délais, des projets structurants au financement desquels leurs institutions contribuent, nous sommes, franchement,  tentés de croire que ces derniers se soucient plus de l’intérêt des tunisiens que notre proprement gouvernement.

En témoigne la réaction de responsables de la Banque mondiale qui cofinance, aux côtés de la Banque européenne d’investissement (BEI)  un important axe routier, le corridor devant relier les gouvernorats de Kasserine à Sfax en passant par les gouvernorats de Kairouan et de Sidi Bouzid sur une distance de 187 Kms moyennant un investissement global de 850 MDT.

Lors de la finalisation, en 2024,  du schéma de financement de ce projet tant attendu par les communautés des régions enclavées du centre ouest, le directeur des opérations pour le Maghreb et Malte, de la Banque mondiale, Jesko Hentschel avait informé, de vive voix –bien de vive voix-, les autorités tunisiennes que son institution souhaite cofinancer en priorité, l’année prochaine (2025) le Corridor de développement économique “Kasserine-Sidi Bouzid-Kairouan-Sfax”.

Deux ans après et jusqu’à ce jour, les travaux de réalisation de ce projet n’ont pas encore démarré en dépit de son urgence et du rôle que le  corridor va  jouer dans le désenclavement des régions qu’il devrait traverser.

L’ultime but  macroéconomique étant de réduire le déséquilibre régional et de permettre aux producteurs de l’arrière pays d’acheminer leur production dans de bonnes conditions de sécurité et de célérité vers des ports comme ceux de Zarzis, Gabès, Sfax, Sousse, Radès…

Pis, l’appel d’offres qui devait être lancé, initialement,  au second semestre 2024, et durer 36 mois, n’a pas été publié jusqu’à ce jour.

C’est seulement, deux ans après la finalisation du schéma de financement que l’appel d’offres sera lancé

Pour relancer le dossier, il a fallu attendre, le mois d’octobre 2026, et la nomination, le 5 du même mois,  d’un  nouveau représentant du Groupe de la Banque mondiale en Tunisie, en l’occurrence, Alexander Kremer qui vient remplacer Alexandre Arrobbio, qui occupait cette fonction depuis cinq ans.

Apparemment,  hasard de calendrier,  cinq jours –bien cinq jours- après son installation à Tunis, Alexander Kremer, accompagné d’une délégation de la Banque mondiale a tenu une réunion avec le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, également chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slah Zouari. A l’ordre du jour,  le retard qu’accuse le projet du corridor devant relier les gouvernorats de Kasserine à Sfax en passant par les gouvernorats de Kairouan et de Sidi Bouzid  et au financement duquel la Banque mondiale participe à hauteur de 203 Millions d’euros.

Cette rencontre avec le ministre a été fructueuse, puisque ce dernier s’est engagé à lancer, avant la fin de l’année 2026, l’appel d’offres relatif au projet de corridor économique reliant Kasserine à Sfax. Espérons que cet engagement sera tenu.

Le corridor Kasserine Sfax en bref

Et pour être plus ou moins complet sur le sujet, un bref aperçu de ce mégaprojet structurant.

Le corridor Kasserine-Sfax fait partie des routes expresses qui tendent à désenclaver  les régions de l’ouest du pays et à les relier à la logistique portuaire et aéroportuaire de l’est du pays.

Le gouvernement tunisien compte beaucoup sur ces corridors pour réduire le déséquilibre entre le littoral et l’arrière pays.

Sur le terrain, il s’agit de moderniser la route nationale N°13, de transformer l’infrastructure existante en passant de 2×1 voies à 2×2 voies (incluant des barrières médianes) et à améliorer les ouvrages d’art existants.

EN BREF

  • Enjeu macroéconomique : Modernisation de la route nationale N°13 (187 km, 2×2 voies) pour désenclaver Kasserine, Sidi Bouzid, Kairouan et Sfax.
  • Financement international : Un coût global de 850 MDT, cofinancé notamment par la Banque mondiale (203 millions d’euros) et la Banque européenne d’investissement (BEI).
  • Retard persistant : Un blocage de deux ans sur le lancement de l’appel d’offres initialement prévu au second semestre 2024.
  • Impulsion diplomatique : L’arrivée d’Alexander Kremer, nouveau représentant de la Banque mondiale en octobre 2026, a débloqué la situation après une rencontre clé avec le ministre Slah Zouari.
  • Nouvel échéancier : Un engagement ministériel formel pris pour publier l’appel d’offres avant la fin de l’année 2026.