Le recul de l’État de droit se poursuit dans 62 % des pays évalués en 2026, selon le World Justice Project. L’organisation alerte sur l’affaiblissement des contre-pouvoirs, les restrictions des libertés et les ingérences gouvernementales dans la justice, avec des implications pour la confiance économique.
Le recul de l’État de droit n’est plus un phénomène isolé. Dans son indice mondial publié le 21 octobre 2026, le World Justice Project (WJP) constate une détérioration dans 62 % des 143 pays et juridictions étudiés, contre 38 % enregistrant une amélioration.
Pour la neuvième année consécutive, les reculs restent majoritaires.
Selon Alejandro Ponce, directeur exécutif du WJP, plus de 86 % des pays ont connu, sur cinq ans, une dégradation persistante d’au moins une protection contre les pratiques autoritaires : limitation des pouvoirs publics, transparence gouvernementale ou droits fondamentaux.
Libertés publiques et contre-pouvoirs fragilisés
Les restrictions touchent plusieurs dimensions essentielles de la vie démocratique.
La liberté d’opinion et d’expression recule dans 64 % des pays, celle de réunion et d’association dans 67 %, tandis que la participation civique se détériore dans 65 %.
Le WJP identifie notamment l’affaiblissement des mécanismes de contrôle du pouvoir et les restrictions d’accès à l’information comme des facteurs majeurs.
CHIFFRES CLÉS
- 143 pays et juridictions évalués en 2026.
- 62 % enregistrent un recul de l’État de droit.
- Plus de 86 % connaissent une détérioration sur cinq ans d’au moins une protection institutionnelle.
- 67 % enregistrent un recul de la liberté de réunion et d’association.
- 64 % connaissent une dégradation de la justice civile.
La justice sous pression
L’ingérence des gouvernements constitue une autre préoccupation centrale.
Selon l’indice, la justice civile s’est affaiblie dans 64 % des pays et la justice pénale dans 58 %. Les limites judiciaires aux pouvoirs de l’État ont également reculé dans 63 % des juridictions évaluées.
Ces évolutions interrogent l’indépendance des institutions chargées de garantir l’application des règles.
Un enjeu pour la confiance économique
Le WJP souligne également une relation entre solidité de l’État de droit et performance économique.
Les pays présentant des niveaux élevés de revenu, une inflation relativement faible ou une bonne notation souveraine affichent des scores institutionnels plus favorables.
Cette association ne démontre toutefois pas, à elle seule, un lien de causalité.
Pour les entreprises et les investisseurs, l’enjeu dépasse la gouvernance politique : la prévisibilité des décisions publiques, la sécurité juridique et l’indépendance judiciaire participent aux conditions de confiance nécessaires à l’activité économique.
EN BREF
- Le World Justice Project constate un recul de l’État de droit dans 62 % des 143 pays et juridictions étudiés en 2026.
- Les libertés d’expression, de réunion et de participation civique figurent parmi les dimensions les plus fragilisées.
- Les ingérences gouvernementales contribuent, selon l’organisation, à l’affaiblissement des systèmes judiciaires.
- Le WJP relève également une association entre qualité institutionnelle, prospérité économique et risque souverain.
- Ces résultats soulignent l’importance de la sécurité juridique et de la prévisibilité réglementaire, sans établir de causalité économique automatique.


