La liaison fibre entre l’Algérie et le Niger est officiellement exploitée depuis Assamaka. Mais capacité commercialisée, tarifs de transit et disponibilité restent les données décisives pour mesurer son effet réel.
Le Niger dispose désormais d’une nouvelle porte terrestre vers les réseaux internationaux. Les ministres nigérien et algérien chargés des télécommunications ont lancé, le 6 octobre à Assamaka, l’exploitation de la dorsale transsaharienne à fibre optique reliant les deux pays. L’Algérie Presse Service et l’Agence nigérienne de presse confirment la mise en exploitation, sans publier de tarif de transit, de niveau de redondance ni d’indicateur de performance.
Le prix et la disponibilité seront décisifs
Pour Niamey, le véritable test commence donc après la cérémonie. Le bénéfice économique de cette infrastructure dépendra de la capacité effectivement commercialisée, du prix payé par les opérateurs, de la disponibilité du réseau et de la répercussion éventuelle de ces gains sur les entreprises et les utilisateurs.
Un chiffre circule toutefois avant cette mise en service. Le 9 septembre, Journal du Niger rapportait qu’une liaison In Guezzam–Agadez issue de conventions entre Algérie Télécom, Niger Télécom et l’ESCEP-Niger devait offrir une capacité initiale de 100 Gbit/s. Cette donnée n’apparaît pas dans les dépêches officielles du 6 octobre et WMC n’a pas identifié, dans les sources accessibles consultées, le document contractuel primaire permettant de la confirmer directement.
Un réseau nigérien de plus de 1 000 km
Le chantier a une profondeur nationale plus large. En novembre 2025, l’ANP indiquait que la composante nigérienne prévoyait 1 031 km de fibre sur cinq axes, dont 220 km entre Arlit, Assamaka et la frontière algérienne. Elle mentionnait également des interconnexions avec l’Algérie, le Nigeria, le Bénin, le Tchad et le Burkina Faso.
La nouvelle route vers l’Algérie peut donc renforcer la résilience numérique du Niger si elle ajoute réellement une voie internationale exploitable et compétitive. Mais une infrastructure ouverte ne signifie pas automatiquement Internet moins cher ou plus stable.
Il faudra suivre les contrats de capacité, les tarifs de gros, les incidents et la disponibilité, puis observer leur transmission aux offres des opérateurs. Le prochain indicateur décisif sera commercial : quand les opérateurs nigériens achèteront-ils effectivement de la capacité sur cette route, à quel prix et avec quelle garantie de service ? Tant que ces données restent non publiées, l’effet concret de la dorsale sur le marché nigérien demeure à mesurer.
Chiffres clés
- 6 octobre 2026 : lancement officiel de l’exploitation à Assamaka.
- 1 031 km : longueur prévue de la composante fibre du projet au Niger, selon l’ANP en novembre 2025.
- 5 axes : composante nigérienne annoncée ; 220 km pour Arlit–Assamaka–frontière algérienne.
- 100 Gbit/s : capacité initiale rapportée en septembre pour In Guezzam–Agadez ; statut partiellement confirmé, faute de document primaire accessible.
- Environ 30 milliards FCFA : financement annoncé en 2025 pour le projet DTS/FO au Niger, et non coût du seul raccordement Algérie–Niger.


