Les professionnels des énergies renouvelables ont appelé, jeudi, le Parlement tunisien à supprimer les droits et taxes douaniers appliqués aux équipements destinés aux énergies renouvelables et à ramener à 7% la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur ces équipements, afin d’accélérer la transition énergétique du pays.

Dans une lettre ouverte adressée au président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), la Chambre Syndicale du Photovoltaïque de Tunisie (CSPV), relevant de l’UTICA et le Groupement professionnel des énergies renouvelables de la CONECT ont notamment demandé la suppression des droits de douane sur les panneaux photovoltaïques, les batteries et les systèmes de stockage, ainsi que sur les principaux équipements nécessaires à la production d’électricité à partir de sources renouvelables.

Les deux organisations proposent également de fixer à 7% la TVA appliquée à ces équipements, estimant qu’une baisse de leur coût permettrait d’élargir l’accès des ménages et des entreprises à l’énergie solaire et de stimuler les investissements dans le secteur.

Elles appellent, par ailleurs, à l’ouverture d’un “dialogue institutionnel urgent ” entre le Parlement, le gouvernement et les professionnels afin de mettre en place un ensemble de mesures législatives et fiscales destinées à accélérer le développement des énergies renouvelables.

Selon les signataires, ces mesures permettraient notamment de réduire le coût des installations solaires et du stockage, de favoriser l’autoproduction d’électricité et de contribuer à réduire la dépendance du pays aux importations énergétiques.

La lettre des professionnels intervient alors que le parlement se prépare à l’examen du projet de loi de finances pour 2027. Le gouvernement doit transmettre le projet à l’ARP au plus tard le 15 octobre 2026, conformément aux délais constitutionnels. Les travaux préparatoires ont déjà débuté au sein de l’Assemblée, où la Commission des finances et du budget a entamé l’examen des grandes orientations et des principales hypothèses retenues pour le prochain budget.

Un enjeu d’indépendance énergétique!

La demande intervient également alors que la Tunisie fait face à un déficit énergétique croissant. Le taux d’indépendance énergétique s’est établi à 34% à fin juillet 2026, contre 37% un an auparavant, tandis que la puissance totale installée à partir de sources renouvelables atteignait 1.163 MW à cette même date, selon les données du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.

La Tunisie s’est fixé pour objectif d’accélérer le développement des énergies renouvelables, notamment dans le cadre du Plan solaire tunisien, qui prévoit l’installation de 3.815 MW supplémentaires de capacités renouvelables à l’horizon 2030, dont 1.510 MW de photovoltaïque, 1.755 MW d’éolien, 450 MW de solaire thermodynamique et 100 MW de biomasse, selon l’ANME.

La Banque mondiale indique pour sa part que la Tunisie vise une part de 35% des énergies renouvelables dans la capacité du système électrique à l’horizon 2030, puis 50% en 2035. Le développement des renouvelables est présenté comme un levier pour réduire la dépendance aux importations d’énergie, améliorer la sécurité énergétique et attirer davantage d’investissements privés.

Le pays cherche également à moderniser son secteur électrique et à accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Un programme soutenu par la Banque mondiale, doté de 430 millions de dollars sur cinq ans, vise notamment à renforcer la fiabilité du système électrique, améliorer les performances de la STEG et favoriser les investissements privés dans les renouvelables.

La transition énergétique constitue également un volet majeur des engagements climatiques de la Tunisie. Le pays a rehaussé ses ambitions climatiques en fixant un objectif de réduction de l’intensité carbone de son économie de 62 % d’ici 2035 (avec un palier intermédiaire de 46,4 % en 2030) par rapport à l’année de référence 2010, dans le cadre de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), soumise à la CCNUCC.