Avec 720 600 sièges programmés en octobre 2026, la Tunisie occupe le huitième rang africain, selon OAG. Malgré une progression annuelle de 6,9 %, le pays reste nettement derrière le Maroc, dont l’offre aérienne atteint 2,18 millions de sièges. Un écart qui soulève des questions sur la compétitivité et la connectivité aériennes tunisiennes.

La Tunisie augmente ses capacités aériennes, mais ses voisins maghrébins progressent plus rapidement. Selon les données d’octobre 2026 publiées par OAG, spécialiste des statistiques aériennes, le pays dispose de 720 600 sièges programmés au départ, contre 674 200 en octobre 2025.

Cette augmentation de 46 400 sièges, soit 6,9 % sur un an, place la Tunisie au huitième rang des marchés africains. Elle traduit une progression de l’offre, sans toutefois permettre de conclure à une hausse équivalente du nombre de voyageurs transportés.

Le Maroc creuse l’écart

La comparaison régionale révèle des différences importantes. Le Maroc totalise 2 180 900 sièges programmés en octobre 2026, en progression de 11 %, tandis que l’Algérie atteint 1 061 000 sièges, soit une hausse de 9,1 %.

La capacité marocaine représente ainsi environ 3,03 fois celle de la Tunisie. L’écart absolu atteint 1 460 300 sièges sur le seul mois d’octobre.

Surtout, les deux voisins enregistrent des rythmes de croissance supérieurs à celui de la Tunisie : 4,1 points de pourcentage supplémentaires pour le Maroc et 2,2 points pour l’Algérie.

À l’échelle africaine, la capacité programmée augmente de 8,8 %, à 26,6 millions de sièges. La progression tunisienne demeure donc également inférieure à la moyenne continentale.

Une question de connectivité et de stratégie

Ces écarts interrogent le positionnement aérien de la Tunisie. L’attractivité touristique, la diversification des destinations, la présence des compagnies à bas coûts et le développement des plateformes aéroportuaires constituent autant de pistes d’analyse.

Toutefois, les statistiques OAG ne permettent pas, à elles seules, de déterminer le poids respectif de ces facteurs dans la différence observée entre les trois marchés.

Autre précaution essentielle : les sièges programmés mesurent une capacité commerciale prévue, et non le trafic effectivement réalisé. Ils ne renseignent directement ni sur le remplissage des avions ni sur la rentabilité des liaisons.

Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse donc la seule augmentation des capacités. Il concerne aussi leur répartition, leur utilisation effective et leur contribution à la connectivité internationale du pays.