L’intégration de l’intelligence artificielle pourrait être un levier de justice économique en facilitant l’accès des entreprises économiques, tout particulièrement les PME, aux services juridiques et administratifs. Cependant, le déploiement de ces technologies ne peut se faire sans la mise en place des garanties indispensables à un usage responsable de l’IA, c’est ce qui ressort d’un forum sur “L’IA au service de la justice économique” tenu, jeudi à Tunis.
Organisé conjointement par L’Institut de La Haye pour l’Innovation du Droit (HiiL) et le Registre National des Entreprises, l’événement a réuni des représentants des secteurs public et privé, des experts en intelligence artificielle et en transformation numérique, ainsi que des représentants de startups.
Les discussions y ont essentiellement porté sur le rôle de la technologie dans l’amélioration des services destinés aux entreprises, la simplification des procédures d’enregistrement et d’accompagnement, ainsi que sur l’exploitation des données et de l’IA pour accélérer les traitements et rehausser la qualité des prestations.
Les échanges ont également été vifs concernant la protection des données personnelles, la cybersécurité, la transparence, l’éthique et la préservation du rôle central de la décision humaine.
S’exprimant à l’ouverture du forum, le directeur général de la gouvernance et anticorruption à la Présidence du gouvernement, Slim Ben Jrad a souligné l’importance croissante du numérique et de l’intelligence artificielle dans la transformation des structures administratives et la stimulation de la justice économique.
“La transition technologique, bien qu’essentielle pour l’avenir de l’économie, doit s’accompagner d’une stratégie nationale inclusive axée sur l’éthique et la souveraineté”, estime le responsable.
Par ailleurs, a-t-il ajouté, les risques potentiels liés à ces innovations, tels que les biais algorithmiques et les menaces pour la vie privée, exigent une régulation et des cadres de gouvernance adaptés.
Il a conclu en insistant sur le fait que “l’intelligence artificielle demeure un outil d’assistance au service de l’humain et ne saurait en aucun cas remplacer la responsabilité décisionnelle”.
Le bâtonnier de l’ordre national des avocats, Boubaker Bethabet a, pour sa part, souligné que l’intelligence artificielle, bientôt désignée comme l’intelligence supérieure, s’impose comme une réalité incontournable et omniprésente.
Face à cette transition, Bethabet a indiqué que le secteur de la justice et la profession d’avocat doivent impérativement se préparer pour préserver leurs valeurs fondamentales.
Il a également mis l’accent sur la nécessité de financements publics adéquats et de réflexions profondes pour orienter ces transformations, et conclu en plaidant pour une vulgarisation des technologies afin de garantir des prises de décision éclairées à tous les niveaux de l’État.


