
Le 2 octobre, des professionnels tunisiens présélectionnés rencontreront à Tunis des entreprises allemandes dans le cadre du programme African Skills for Germany (AS4G), mis en œuvre en Tunisie par l’AHK.
Cinq domaines sont ciblés : technologies de l’information, électricité et énergie, industrie mécanique, automatisation, logistique et transport. Le 3 octobre, des candidats au métier de chauffeur poids lourd passeront également des tests pratiques sur des véhicules de catégorie CE.
Des compétences précisément ciblées
L’opération dépasse donc le recrutement généraliste. L’Allemagne cherche des profils professionnels identifiés pour répondre aux besoins de ses entreprises.
Pour la Tunisie, l’enjeu mérite d’être regardé sous un autre angle. Le pays affiche encore un chômage important, notamment parmi les diplômés, mais chômage élevé ne signifie pas nécessairement abondance des compétences dont les entreprises ont besoin.
Les autorités tunisiennes travaillent d’ailleurs à mieux anticiper les besoins en métiers et qualifications, notamment dans les technologies de l’information ainsi que le transport et la logistique.
Le rapprochement avec les secteurs ciblés par AS4G interpelle : plusieurs compétences recherchées par les employeurs allemands appartiennent aussi à des domaines importants pour la transformation industrielle et technologique tunisienne.
Mobilité ou concurrence pour les talents ?
Il serait néanmoins prématuré d’affirmer que l’Allemagne recrute précisément les compétences qui manquent à la Tunisie. Les données disponibles ne permettent pas d’établir, métier par métier, l’ampleur des besoins non satisfaits des entreprises tunisiennes ni le nombre de professionnels susceptibles de partir.
Mais les journées des 2 et 3 octobre mettent en lumière une question plus large : comment une économie organise-t-elle la mobilité internationale de ses travailleurs qualifiés tout en conservant les ressources humaines nécessaires à son développement ?
Pour la Tunisie, l’enjeu n’est donc pas seulement de former davantage. Il est aussi de savoir quelles compétences elle devra attirer, développer et retenir face à une concurrence internationale désormais organisée.


