Les trois élections régionales allemandes de septembre 2026 consacrent la progression de l’AfD dans l’Est et de Die Linke à Berlin, tout en infligeant un sévère revers à la CDU du chancelier Friedrich Merz. Mais gagner une élection régionale ne signifie pas nécessairement gouverner.

Après sa victoire en Saxe-Anhalt, où elle a recueilli 43,8 % des voix, l’AfD est également arrivée en tête en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, avec environ 38,2 %. À Berlin, le mouvement est différent : Die Linke s’impose avec 25,7 %, devant la CDU, tandis que l’AfD atteint 16,3 %.

La série constitue surtout un avertissement pour Friedrich Merz. Sa CDU tombe à 18,8 % à Berlin et à 4,9 % en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, sous le seuil nécessaire pour entrer au parlement régional. Le chancelier a qualifié ce dernier résultat de « désastre », tout en annonçant son intention de poursuivre ses réformes.

Les principaux partis

AfD – Alternative für Deutschland. Parti nationaliste de droite, il défend notamment un durcissement de la politique migratoire et le rétablissement de liens énergétiques avec la Russie. Ses victoires régionales renforcent sa dynamique, mais son isolement politique limite pour l’instant son accès au pouvoir.

CDU – Union chrétienne-démocrate. Formation conservatrice de Friedrich Merz et principale force du gouvernement fédéral, elle est la grande perdante de ces scrutins. Ses résultats accentuent les interrogations sur la capacité du chancelier à mener son programme de réformes.

SPD – Parti social-démocrate. Parti de centre gauche et partenaire de la CDU au niveau fédéral, il conserve une position importante en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale autour de Manuela Schwesig, malgré la victoire de l’AfD.

Die Linke. Formation de gauche, particulièrement implantée dans l’ancienne Allemagne de l’Est, elle réalise une percée spectaculaire à Berlin. Sa campagne centrée notamment sur le logement lui permet d’envisager de diriger la capitale.

Les Verts. Écologistes et progressistes, ils reculent à Berlin mais pourraient jouer un rôle déterminant dans la constitution des nouvelles majorités.

Quelle portée pour ces élections ?

Ces scrutins ne changent pas directement le gouvernement fédéral allemand. Leur portée est néanmoins nationale : ils fragilisent Friedrich Merz, confirment l’installation de l’AfD comme force électorale majeure et montrent une érosion du centre politique. Cette fragmentation complique également la constitution de majorités stables, alors que l’Allemagne doit conduire des réformes économiques dans un contexte de croissance faible et de coûts élevés.

Pas de deuxième tour, mais le « troisième tour » des coalitions

Il n’y aura pas de deuxième tour électoral. Les électeurs ont désigné leurs parlements régionaux en un seul scrutin. La prochaine bataille sera donc parlementaire.

En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, malgré sa première place, l’AfD devrait rester hors du gouvernement si les autres partis maintiennent leur refus de s’allier avec elle. Une coalition associant SPD, Die Linke et Verts apparaît parmi les options les plus probables.

À Berlin, une alliance entre Die Linke, SPD et Verts disposerait d’une majorité et pourrait permettre à Die Linke de prendre la direction du gouvernement régional.

Le véritable prochain test sera donc celui des coalitions : il dira si les victoires électorales des partis situés aux extrémités du paysage politique allemand se traduisent, ou non, par un exercice effectif du pouvoir.