26 juillet 2026
Ces dernières années, le dollar américain a subi une pression croissante liée à plusieurs facteurs structurels. Parmi eux figurent la surévaluation du taux de change réel, la persistance des déficits budgétaire et commercial, ainsi que la diversification progressive des réserves internationales des banques centrales.
Ces facteurs ont conduit de nombreux analystes à s’interroger sur la capacité du dollar à préserver sa solidité à long terme. Malgré ces pressions, la devise américaine est restée résiliente face à la plupart des grandes monnaies.
Cette résistance s’explique par la vigueur persistante de plusieurs facteurs cycliques. Ceux-ci ont contribué à compenser les pressions structurelles de long terme.
Si les facteurs structurels devraient orienter la trajectoire du dollar sur une longue période, les taux de change restent principalement déterminés, à court terme, par des forces cycliques.
Les écarts de taux d’intérêt constituent traditionnellement le principal facteur cyclique influençant la devise. Ils orientent les flux mondiaux de capitaux et les décisions d’allocation des portefeuilles.
Plus récemment, la résilience de l’économie américaine et l’essor des investissements liés à l’intelligence artificielle ont également soutenu le dollar. Ces évolutions ont renforcé la demande étrangère pour les actifs financiers américains.
Trois facteurs continuent ainsi de soutenir le dollar américain malgré les vents contraires.
Les écarts de taux d’intérêt soutiennent le dollar
Premièrement, les écarts de taux d’intérêt continuent de soutenir le dollar américain.
Les taux de change sont fortement influencés par le rendement relatif que les investisseurs peuvent obtenir sur les actifs financiers des différents pays. La politique monétaire joue donc un rôle déterminant dans les mouvements des devises.
Lorsque les taux d’intérêt américains augmentent par rapport à ceux des autres économies avancées, les actifs libellés en dollars deviennent plus attractifs. Cette situation accroît la demande pour la devise américaine.
Historiquement, les périodes marquées par des taux d’intérêt américains plus élevés ont ainsi été associées à un dollar plus fort.

Au début de l’année, les marchés financiers anticipaient une baisse des taux de la Réserve fédérale d’environ 50 points de base en 2026.
Cependant, la persistance des pressions inflationnistes, la résilience de l’activité économique et l’adoption d’une position plus restrictive par la Réserve fédérale, sous la présidence de Kevin Warsh, ont entraîné une révision importante des perspectives monétaires.
Les marchés financiers s’attendent désormais à ce que les taux directeurs restent élevés plus longtemps. Ils attribuent également une probabilité significative à de nouvelles hausses de taux.
Les taux directeurs américains resteraient ainsi nettement supérieurs à ceux des autres grandes économies avancées.
La fourchette cible des fonds fédéraux se situe entre 3,50 % et 3,75 %, contre un taux de la facilité de dépôt de 2,25 % pour la Banque centrale européenne et un taux directeur de 1,00 % pour la Banque du Japon.
Ces écarts importants devraient rester une source majeure de soutien au dollar américain.
L’intelligence artificielle stimule la demande d’actifs américains
Deuxièmement, les performances boursières liées à l’intelligence artificielle et aux technologies continuent de renforcer la demande étrangère pour les actifs financiers américains.
L’adoption croissante de l’intelligence artificielle a déclenché une vague massive d’investissements dans les infrastructures numériques. Elle concerne notamment les semi-conducteurs, les centres de données, l’informatique en nuage et les réseaux électriques.
En tant que leader mondial de l’innovation dans l’intelligence artificielle, les États-Unis ont attiré une part disproportionnée de ces investissements.
Cette dynamique a soutenu les bénéfices des entreprises et permis aux marchés boursiers américains de continuer à surperformer.
Ces évolutions ont renforcé l’attractivité des actifs financiers américains. Elles ont favorisé les entrées de capitaux étrangers et apporté une source supplémentaire de soutien au dollar.
La croissance américaine surpasse celle des autres économies avancées
Troisièmement, la croissance économique américaine continue de surperformer celle des autres économies avancées. Cette situation renforce également le dollar.
La croissance a ralenti par rapport au rythme exceptionnellement élevé enregistré ces dernières années. Les indicateurs d’activité continuent néanmoins de montrer une dynamique économique plus forte aux États-Unis que dans les autres grandes économies avancées.
L’indice PMI composite américain est notamment resté nettement supérieur au seuil de croissance de 50 points. Il signale une progression de l’activité dans les services comme dans l’industrie manufacturière.
À l’inverse, l’indice PMI composite de la zone euro a évolué à proximité du seuil de stagnation, voire en dessous.
En plus de stimuler la demande pour les actifs financiers américains, l’essor des investissements dans l’intelligence artificielle profite à l’économie réelle grâce à des dépenses d’investissement record.
À terme, ces investissements devraient soutenir les gains de productivité et renforcer le potentiel de croissance à long terme de l’économie américaine.
Le dollar devrait rester solide à court terme
En définitive, les vents contraires structurels croissants continuent d’indiquer une dépréciation progressive du dollar américain à long terme.
Toutefois, les facteurs cycliques devraient rester les principaux déterminants de la devise à court terme.
Des taux d’intérêt américains plus élevés, une demande étrangère soutenue pour les actifs financiers américains et la poursuite de la surperformance économique des États-Unis devraient rester d’importantes sources de solidité pour le dollar.
Les écarts de taux d’intérêt soutiennent le dollar

