Le projet de plan de développement 2026/2030 “n’est pas un texte sacré” et il pourra être actualisé en fonction des évolutions de la conjoncture internationale, a déclaré le ministre de l’équipement et de la planification Samir Abdelhafidh, ajoutant que ledit plan constitue un cadre stratégique réaliste et exécutable et non pas une simple déclaration d’intentions.

Intervenant lors d’une plénière tenue, vendredi à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), et consacrée à l’examen du projet de plan de développement 2026/2030, le ministre a indiqué que ce dernier répond aux exigences de la modélisation économique puisqu’il se base sur un point de référence fondé sur des données stables qui ont permis d’évaluer, selon des bases scientifiques, l’impact des évolutions économiques sur l’économie nationale.

Les Institutions internationales spécialisées ont maintenu dans leurs publications d’avril 2026, leurs prévisions de croissance pour l’économie tunisienne sans modification notable par rapport à leurs prévisions antérieures, a rappelé Abdelhafidh.

Et d’ajouter que l’adoption d’une approche de planification ascendante ne signifie pas l’intégration automatique de tous les projets suggérés.

Toutes les suggestions ont été soumises à l’évaluation et la classification selon des critères portant notamment sur leur contribution aux objectifs de développement, leur impact économique et social, leur degré de maturité et de faisabilité, a-t-il encore fait savoir.

Le ministre a, dans le même cadre, ajouté que son département a coordonné avec le ministère des finances afin de garantir la cohérence du plan de développement avec les équilibres financiers de l’état et de concilier les ambitions de développement avec les exigences de soutenabilité budgétaire faisant ainsi du document un cadre stratégique opérationnel.

Il a également estimé que la réussite du plan de développement 2026/2030 constitue une responsabilité nationale commune, appelant toutes les parties à contribuer à la concrétisation de ses objectifs.

Ce plan est le premier élaboré dans le cadre de la constitution du 25 juillet 2022, laquelle (constitution) a mis les bases d’une nouvelle approche de planification basée sur la construction à partir de la base dans l’objectif de renforcer la participation des citoyens dans la définition des priorités à travers les conseils locaux, régionaux et des districts.

Toujours selon le ministre, l’élaboration du plan a suivi une démarche ascendante, partant du niveau local, puis régional et des districts, avant d’aboutir au niveau national, afin d’assurer la cohérence des priorités, la complémentarité des programmes avec les orientations nationales et une meilleure prise en compte des spécificités des régions et des aspirations de leurs habitants.

Pour Abdelhafidh, le plan jette également les bases de la concrétisation du nouveau découpage territorial en renforçant le rôle des districts comme espaces de coordination et d’intégration économique et sociale, tout en consolidant les régions en tant que pôles de croissance, d’investissement et de valorisation de leurs ressources et avantages comparatifs.

Le ministre a, par ailleurs, souligné que le plan n’est pas seulement un document de programmation des projets, mais constitue une référence stratégique pour orienter les politiques de développement durant la période 2026-2030.

Il vise notamment à assurer la complémentarité des programmes sectoriels et territoriaux, à améliorer l’efficacité de l’investissement public, à accélérer la réalisation des projets et à renforcer la culture du suivi, de l’évaluation et de la mesure des performances.

Enfin, le ministre a affirmé que l’élaboration du document repose sur plusieurs constantes nationales, au premier rang desquelles figurent la consolidation de la souveraineté nationale, l’optimisation de l’utilisation des ressources et des potentialités du pays ainsi que la valorisation des compétences tunisiennes, tout en restant ouvert aux partenariats servant l’intérêt national et respectant l’indépendance de la décision nationale.

Il a, par ailleurs, indiqué que le ministère de l’Économie et de la Planification a accompagné les conseils élus, en coordination avec les différents départements ministériels, en leur apportant l’encadrement méthodologique et l’assistance technique nécessaires afin de leur permettre d’exercer pleinement leurs prérogatives, sans tutelle ni ingérence dans leurs choix. Les priorités de développement doivent émaner des réalités locales et régionales, a conclu le ministre.