
Cette 20e édition du Festival international de jazz de Tabarka marque cette année son retour après six ans d’interruption. Le festival est organisé du 2 au 9 juillet 2026 par le ministère des Affaires culturelles sous la direction artistique de Mourad Mathari.
Lauréate de trois Grammy Awards et d’un Tony Award, l’artiste américaine a présenté son spectacle « We Exist » au Théâtre de la Mer, l’un des sept concerts payants programmés lors de cette édition de relance, marquant son retour dans cette ville côtière du nord-ouest de la Tunisie après sa dernière participation en 2017.
Accompagnée sur scène par une formation exclusivement féminine de trois musiciennes, l’ancienne animatrice de l’émission « JazzSet » sur la radio publique américaine NPR et actuelle ambassadrice de bonne volonté de la FAO a interprété un répertoire centré sur l’histoire du mouvement des droits civiques aux États-Unis.Son tour de chant a notamment inclus « Danger Zone » de Ray Charles, « Mississippi Goddam » de Nina Simone — écrite après l’attentat contre une église de Birmingham (Alabama) en 1963 —, ainsi que « I Wish I Knew How It Would Feel To Be Free », avant de dédier le titre « Throw It Away » à la mémoire de la militante Abbey Lincoln.
Mettant à profit son expérience théâtrale, la chanteuse a introduit chaque morceau par des rappels contextuels et historiques, alternant les séquences chantées, les improvisations et les échanges directs avec le public.
En parallèle, le volet gratuit « Street Jazz », qui compte huit prestations en espace public pour rapprocher la musique des passants, a accueilli en plein air le quartet « Octun » du pianiste et compositeur tunisien Omar El Ouaer. Aux côtés d’Arezki Bouzid (saxophone), Amir Ben Henia (trompette), Alaa Bedjaoui (contrebasse) et Jihed Bedoui (percussions), le musicien a proposé des compositions mêlant le patrimoine traditionnel tunisien et arabe au jazz contemporain.
Le quartet a notamment interprété le morceau « Zarzis », inspiré du Sud tunisien, ainsi qu’une réinterprétation du mouachah andalou « Jadaka Al-Ghaith », dont la structure mélodique d’origine a été associée à des harmonies et des rythmes de jazz.
Fondé en 1973, le “Tabarka Jazz Festival” s’inscrit cette année dans une stratégie de relance du tourisme et de l’activité culturelle dans le gouvernorat de Jendouba, soutenue par l’Office national du tourisme tunisien (ONTT) et la mise en place d’un nouveau circuit touristique reliant la zone côtière au fort de Tabarka.


