L’année 2025 confirme un regain d’intérêt des investisseurs internationaux pour le site Tunisie, avec des flux d’investissements directs étrangers (IDE) atteignant 3 506,5 millions de dinars, soit une progression de 30,1 % par rapport à 2024, indique le Rapport annuel de la Banque Centrale de Tunisie pour l’année 2025, remis le 6 juillet 2026, au Président de la République, Kaïs Saïed par le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, Fethi Zouhaier Nouri.
Au-delà de leur contribution significative au financement de l’économie et à l’équilibre du secteur extérieur, les investissements directs étrangers ont permis la création de 14 085 emplois en 2025 (en dehors du secteur de l’énergie). Ces investissements ont concerné 819 projets d’extension et 102 projets de création pour des montants respectifs de 2 579 MD et 357 MD. Par ailleurs, le nombre de sociétés à participation étrangère établies en Tunisie (hors énergie) s’est élevé à environ 4211 unités à la fin de 2025.
Dynamique portée par l’énergie et les industries manufacturières
L’analyse sectorielle des flux entrants d’IDE en 2025 fait ressortir une augmentation de ceux alloués au secteur de l’énergie (+17,8%) pour s’établir à 571 MD en 2025, représentant ainsi une part de 16,3% du total des IDE. Les flux bénéficiant au secteur des hydrocarbures ont affiché une quasi-stagnation (-0,8%) sous l’effet combiné de la hausse de ceux dans le cadre des travaux de développement et de la baisse des activités d’exploration.
Par ailleurs, les IDE dans le secteur des énergies renouvelables ont connu une nette amélioration (+35,5%), notamment dans le domaine de la production de l’électricité à partir de l’énergie solaire.
Quant aux investissements orientés vers le secteur des industries manufacturières, ils ont enregistré une progression notable (+24%) pour atteindre 2 194 MD, demeurant la première cible des flux des IDE avec plus de 60% du total. Ce renforcement s’explique principalement par la promotion des investissements destinés aux industries électriques et électroniques (1 018 MD), aux industries mécaniques, métalliques et métallurgiques (374 MD), au textile et habillement (214 MD) et à la plasturgie (202 MD).
S’agissant des IDE au profit du secteur financier, ils sont passés de 176 MD en 2024 à 252 MD en 2025, ayant concerné essentiellement l’augmentation de capital social de la participation étrangère de deux banques de la place.
Pour la balance des investissements de portefeuille, elle a affiché un excédent qui s’est situé à 3 105 MD en 2025, relatif entièrement à la diminution des passifs nets principalement sous forme de titres de créances de l’Administration. Cette évolution reflète essentiellement le remboursement d’un milliard de dollars américains au titre du principal de l’emprunt obligataire émis sur le marché financier international en 2015. À noter qu’aucune émission obligataire du Trésor n’a été effectuée sur les marchés financiers internationaux depuis 2020.
Parallèlement, les investissements de portefeuille sous forme d’actions et de parts de fonds de placement ont enregistré un accroissement net des passifs de 53 MD en 2025 qui concerne des acquisitions et des cessions réalisées par des non-résidents sur la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis (BVMT) pour des montants respectifs de 66 MD et 13 MD. Quant aux autres investissements, ils ont dégagé un solde créditeur de 35 MD en 2025. Les acquisitions nettes d’actifs financiers ont atteint 421 MD, alors que l’accroissement net des passifs s’est établi à 386 MD.


