Le coordinateur général de l’équipe nationale du Brésil, Rodrigo Caetano, a affirmé que Carlo Ancelotti resterait en poste jusqu’à la Coupe du monde 2030 malgré l’élimination du Brésil en huitièmes de finale face à la Norvège (2-1) dimanche.
Cette défaite repousse de quatre ans les espoirs de la Seleção de conquérir une sixième étoile. Si jamais le Brésil devait l’emporter en 2030, ce serait le plus grand écart entre deux victoires en Coupe du monde.
Auteur d’un doublé au New York/New Jersey Stadium, Erling Haaland a précipité la sortie du quintuple champion du monde, alimentant les critiques sur les performances de l’équipe, les choix de Carlo Ancelotti et la direction prise par le football brésilien.
Dans un pays où les désillusions footballistiques se mesurent en cycles de quatre ans, les critiques n’ont pas tardé à émerger.
Une grande partie des critiques s’est concentrée sur Carlo Ancelotti, qui n’a eu qu’un an pour remodeler une équipe ayant connu trois sélectionneurs intérimaires successifs pendant que la fédération brésilienne attendait son départ du Real Madrid.
Mais Rodrigo Caetano a déclaré à Reuters que l’entraîneur italien de 67 ans, dont le contrat a été prolongé en mai jusqu’à la Coupe du monde 2030, conservait la confiance de la fédération malgré cette désillusion.
“C’est notre sélectionneur et le restera”, a déclaré Rodrigo Caetano.
“L’une des principales raisons de notre échec dans cette Coupe du monde est que nous n’avons pas bénéficié, sur la durée, d’une direction stable et cohérente pour préparer l’équipe nationale comme elle aurait dû l’être. On ne peut pas refaire la même erreur.”
Les choix de Carlo Ancelotti ont toutefois alimenté les débats d’après-match.
Le technicien a été critiqué pour avoir confié un penalty en début de rencontre au milieu Bruno Guimarães, qui l’a manqué, ainsi que pour avoir maintenu sur le terrain jusqu’au coup de sifflet final les vétérans Casemiro et Danilo, tous deux âgés de 34 ans, alors que le Brésil semblait à court d’idées et physiquement émoussé.
L’entrée en jeu de Neymar au milieu de la seconde période n’a pas davantage changé le cours de la rencontre, hormis un penalty transformé dans le temps additionnel qui a permis de réduire l’écart.
Le quotidien O Globo s’est montré particulièrement sévère à propos de l’échange entre Neymar et le gardien norvégien après ce but sur penalty.
“La scène où Neymar s’en prend au gardien après son penalty, alors que le score était déjà tel que, même en cas de nouveau but du Brésil, l’équipe aurait été éliminée du Mondial, semble révéler un homme incapable de détourner le regard de lui-même”, a écrit le journal. “Certains ont besoin d’être les héros de la victoire. Neymar semble aussi avoir besoin d’être le protagoniste de l’échec.”
L’animateur de SporTV, André Rizek, a dressé un constat encore plus sombre.
“Le football brésilien a touché le fond”, a-t-il déclaré. “Le Brésil s’est habitué à perdre. Nous avons perdu contre le Sénégal, le Japon, le Maroc, la Colombie (…) L’Argentine nous a surclassés à deux reprises. C’est officiel : nous vivons la pire période de l’histoire du football brésilien.”
Le quotidien Folha de Sao Paulo a également pointé du doigt la gestion du match par Carlo Ancelotti.
“Les changements effectués par Carlo Ancelotti ne parviennent pas à réveiller une équipe lente et apathique”, a écrit le journal, soulignant par ailleurs qu’avec seulement 35% de possession contre la Norvège, le Brésil avait enregistré son plus faible pourcentage dans un match de Coupe du monde depuis le début des relevés en 1966, selon Opta.
Pour le Brésil, la question est désormais de savoir si cette défaite constituera une cicatrice supplémentaire ou le point de départ d’un profond renouveau.


