Le projet du plan de développement 2026-2030 mise sur la réalisation d’un bond qualitatif dans le secteur de la formation professionnelle en doublant le nombre d’apprenants pour atteindre environ 135 mille au cours des 4 prochaines années, contre environ 74 mille actuellement.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une démarche visant à renforcer le capital humain et répondre à la demande croissante de compétences requises par l’économie nationale.

Les apprenants seront répartis entre environ 90 mille au sein des établissements de l’Agence Tunisienne de la formation professionnelle (ATFP) et environ 38 mille dans les établissements de formation privés à même de renforcer la capacité d’accueil du secteur et d’améliorer sa capacité à répondre aux besoins du marché de l’emploi, selon le projet du plan actuellement soumis au parlement.

L’augmentation de la capacité d’accueil est l’une des priorités majeures du plan stratégique pour le secteur, qui a atteint des taux d’insertion élevés, soit 100% dans certaines spécialités, avait souligné auparavant, le ministre de l’emploi et de la formation Professionnelle, Riadh Chaoued, dans une déclaration à l’agence TAP, précisant que la formation professionnelle est devenue aujourd’hui un “processus de réussite” et un levier essentiel pour l’insertion économique et sociale et un choix efficace pour faire face au chômage.

Cette démarche s’appuie sur des indicateurs positifs enregistrés entre 2021 et 2025, dans la mesure où le nombre d’apprenants est passé de 61 mille à 74 mille 200, et le taux d’occupation dans les centres de l’ATFP est passé de 71,7% à 87% . Au cours de cette période, le secteur de la formation professionnelle a élargi les partenariats avec les entreprises économiques, renforcé les systèmes de certification et intégré les compétences numériques et l’intelligence artificielle dans les programmes de formation.

Dans le cadre du soutien à l’emploi, le ministère a lancé l’année dernière le programme “Grands employeurs”, qui a permis d’intégrer en un an, plus de 17 mille jeunes notamment dans des secteurs à forte demande, tels que l’industrie des composantes automobiles, l’aéronautique, l’électronique et l’électricité.

Le projet du plan quinquennal place la formation professionnelle au cÅ“ur des choix de l’état pour développer le capital humain et améliorer l’employabilité des jeunes, en mettant en place un système moderne et flexible qui répond aux transformations économiques et technologiques et aux besoins du marché de l’emploi.

Cette démarche repose sur plusieurs réformes, y compris la révision du cadre législatif et réglementaire, la mise à jour de la carte de formation, la diversification des offres de formation, ainsi que le renforcement de la formation à distance, l’adoption d’unités de formation mobiles et l’élargissement des programmes de la “deuxième chance”, qui consacrent le principe de l’apprentissage tout au long de la vie.

Ce plan accorde également un intérêt particulier au partenariat avec le secteur privé, à travers le développement de la formation au sein des entreprises, la révision des conditions de lancement d’établissements de formation privés et l’incitation à l’investissement dans les spécialités prometteuses, ainsi que la numérisation des services et la mise en place de structures concernées par la qualité, l’innovation et l’intelligence artificielle au sein de ce secteur.

En parallèle, la Tunisie a entamé récemment, l’élaboration de la charte nationale des compétences et des certifications, considérée comme une étape fondamentale dans le processus de modernisation du système de la formation professionnelle et le renforcement de sa capacité à répondre aux exigences du marché de l’emploi.

Cette charte vise à rassembler, organiser et mettre à jour les données relatives aux compétences et aux certifications professionnelles, à même d’établir une base de données de référence au profit des divers intervenants, mise à part le renforcement de la transparence et l’unification des mécanismes de lecture et de compréhension des certificats et des compétences professionnelles.

Elle vise également à réviser et à actualiser les spécialités de formation afin de les adapter aux transformations économiques et sociales, à renforcer les liens avec les cadres de référence à l’échelle nationale et internationale, et à unifier la liste des compétences selon les normes mondiales.

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une stratégie qui place le développement du capital humain au cÅ“ur des priorités de l’état, dans le contexte des mutations économiques et technologiques rapides, à travers des outils modernes garantissant la qualité de la formation, la clarté des parcours professionnels et l’adéquation des compétences nationales aux besoins du marché de l’emploi.

La charte nationale des compétences et des certifications devrait se transformer en une plateforme numérique de référence, qui renforce la gouvernance du secteur de la formation professionnelle, à travers des outils pour la planification et la prospection, la valorisation des compétences nationales au service du rayonnement du secteur de la formation professionnelle en Tunisie au niveau régional et international.