La Tunisie a appelé à une réforme participative de l’UNESCO et à une modernisation en profondeur de ses actions pour répondre aux bouleversements contemporains, en particulier l’essor de l’intelligence artificielle et les tensions géopolitiques croissantes.

Intervenant devant le groupe de travail à composition non limitée (GTCNL) réuni du 19 juin au 3 juillet pour examiner la feuille de route « UNESCO 80 », la Délégation permanente tunisienne a insisté sur l’impératif d’une mobilisation collective des États membres afin d’accroître l’efficacité et la réactivité de l’institution.

Sur le volet éducatif, Tunis a plaidé pour un renforcement du rôle de l’Organisation dans l’adaptation des politiques nationales, en mettant l’accent sur les sciences, les technologies, la formation tout au long de la vie, ainsi que sur l’enseignement technique et professionnel, vecteurs clés d’employabilité et de résilience.

Par ailleurs, la délégation a souligné l’urgence de capitaliser sur la transition numérique et l’essor fulgurant de l’IA pour enrichir les programmes éducatifs, scientifiques et culturels de l’institution. Les outils numériques doivent également, selon elle, être déployés massivement pour la préservation du patrimoine mondial et la démocratisation de son accès.

Sur le plan culturel, la Tunisie a rappelé que la culture demeure un levier fondamental pour l’édification de sociétés pacifiques, inclusives et résilientes. Elle exhorte ainsi l’UNESCO à renforcer ses capacités de protection des expressions culturelles menacées et réclame, notamment, un accompagnement technique et financier accru en faveur des pays africains et arabes, afin de faciliter l’inscription de leurs patrimoines matériel et immatériel sur les listes mondiales.

Enfin, face à l’instabilité internationale, la Tunisie a insisté sur la recherche de solutions innovantes et durables. Elle a appelé l’UNESCO à assumer un rôle de premier plan dans la gestion des urgences humanitaires, en se dotant de mécanismes d’intervention plus souples et réactifs pour sécuriser l’accès à l’éducation, à la science et à la culture dans les zones de conflit et de tension.