
La Tunisie a changé de sélectionneur en plein Mondial 2026. Après la défaite 5-1 contre la Suède, Sabri Lamouchi a été écarté et Hervé Renard nommé pour la suite du tournoi.
Un départ brutal dès l’entrée en lice
La FTF a mis fin à sa collaboration avec Sabri Lamouchi mardi 16 juin 2026, selon la TAP, après le revers subi face à la Suède lors du premier match tunisien. Reuters précise que Lamouchi avait été nommé en janvier et qu’il quitte son poste après cinq rencontres dirigées.
Hervé Renard appelé pour terminer le Mondial
Hervé Renard prend la sélection jusqu’à la fin du parcours tunisien au Mondial. La FTF prévoit aussi des discussions après la compétition pour une éventuelle prolongation, selon Reuters.
Une situation sportive sous pression
La Tunisie reste engagée dans son groupe avec deux matches à venir contre le Japon et les Pays-Bas.
Le bilan récent est lourd : une victoire en cinq matches sous Lamouchi, avec notamment une défaite 5-0 contre la Belgique en préparation.
Un limogeage après un seul match, un cas rarissime
Le départ de Sabri Lamouchi après seulement une rencontre de Coupe du monde constitue un événement exceptionnel dans l’histoire du tournoi. Les changements de sélectionneur en pleine phase finale existent, mais interviennent généralement après plusieurs matches.
Parmi les précédents les plus connus figurent :
Henryk Kasperczak, limogé par la Tunisie après deux défaites lors du Mondial 1998.
Cha Bum-kun, remercié après la lourde défaite contre les Pays-Bas (5-0) durant le tournoi.
Carlos Alberto Parreira, remplacé au cours de la compétition après des résultats insuffisants.
À ce stade, aucun précédent majeur largement documenté ne ressort pour un sélectionneur licencié immédiatement après le premier match d’un Mondial alors qu’il venait d’être nommé quelques mois auparavant. Le cas Lamouchi figure donc parmi les décisions les plus rapides prises dans l’histoire récente de la compétition.
Portrait : Hervé Renard, le spécialiste des missions à haute pression
À 57 ans, Hervé Renard possède l’un des parcours les plus singuliers du football international. Ancien défenseur passé notamment par l’AS Cannes et Draguignan, il s’est construit une réputation mondiale sur les bancs africains.
Le roi de la CAN
Son principal exploit reste d’avoir remporté la Coupe d’Afrique des Nations avec deux sélections différentes :
- Zambie (2012)
- Côte d’Ivoire (2015)
Il demeure le premier entraîneur de l’histoire à réussir un tel doublé.
L’expérience marocaine et saoudienne
Entre 2016 et 2019, il dirige le Maroc et qualifie les Lions de l’Atlas pour la Coupe du monde 2018, une première depuis vingt ans.
Il prend ensuite les commandes de l’Arabie saoudite. Lors du Mondial 2022 au Qatar, son équipe signe l’un des plus grands exploits de l’histoire de la compétition en battant l’Argentine de Lionel Messi (2-1), future championne du monde. Cette victoire met fin à une série de 36 matches sans défaite de l’Albiceleste.
Une réputation de bâtisseur
Renard a également dirigé l’Angola, l’USM Alger, Sochaux, Lille ainsi que l’équipe de France féminine, qu’il a menée jusqu’à la finale de la Ligue des Nations féminine. Son profil est associé à la gestion de groupe, à la motivation et à sa capacité à intervenir dans des contextes complexes.
Ce qui l’attend avec la Tunisie
La mission est claire : relancer une sélection tunisienne fragilisée par sa défaite inaugurale contre la Suède et tenter de préserver les chances de qualification face au Japon puis aux Pays-Bas. La nomination de Renard apparaît comme un choix d’expérience et de réaction immédiate plutôt qu’un projet de long terme.
Un match, une déroute, un changement de cap. En moins de 72 heures, la Tunisie est passée de l’ère Lamouchi à l’ère Renard. Un pari d’urgence confié à l’un des sélectionneurs les plus expérimentés du football international.


