
Un levier puissant de structuration économique
Depuis 2013, le Projet d’Accès aux Marchés des Produits Agroalimentaires et de Terroir (PAMPAT) a transformé la perception du patrimoine culinaire tunisien. Loin de n’être qu’une démarche culturelle, il s’est imposé comme un outil de développement économique structurant. Des filières emblématiques — de la harissa à la figue de Djebba — ont bénéficié d’une montée en gamme technique et commerciale. En structurant ces marchés souvent informels, le programme a prouvé que la valorisation des ressources locales était un vecteur de croissance solide et exportable.
Des chiffres qui témoignent d’un changement d’échelle
La seconde phase du projet (2020-2026) a marqué une accélération significative. L’impact, documenté par l’ONUDI et financé par la coopération suisse, est indéniable : 3 600 emplois créés — majoritairement féminins — et une progression spectaculaire de 194 % des exportations dans les filières ciblées. Avec près de 9 millions d’euros d’investissements mobilisés et plus de 250 entreprises accompagnées, PAMPAT n’a pas seulement distribué des aides ; il a bâti des écosystèmes. La création du Concours Tunisien des Produits du Terroir reste, à ce titre, l’héritage le plus pérenne de cette stratégie d’excellence.
L’horizon 2035 : de l’expérimentation à la stratégie
Le 20 mai 2026, la fin officielle du programme a sonné comme une mise à l’épreuve. Si les autorités tunisiennes affichent une volonté d’intégrer ces acquis dans la stratégie industrielle 2035, l’histoire des projets de coopération enseigne la prudence. La réussite d’un pilote ne garantit pas sa greffe durable sur l’appareil d’État. L’enjeu est désormais organisationnel : comment maintenir la dynamique de certification et le soutien à l’innovation sans l’appui financier et technique de l’ONUDI ?
La pérennisation : un impératif de souveraineté
Le passage du relais est critique. Pour éviter l’effritement des réseaux constitués, les institutions tunisiennes doivent impérativement institutionnaliser les outils de gouvernance mis en place. La réussite de demain ne se mesurera plus au nombre d’entreprises accompagnées, mais à la capacité des administrations locales à prendre le flambeau. La transformation du savoir-faire artisanal en une industrie de terroir compétitive reste le principal chantier de la prochaine décennie tunisienne.
EN BREF
- Bilan consolidé : 13 ans d’intervention, 3 600 emplois générés et 58 nouvelles entreprises créées.
- Performance export : Une hausse de 194 % des exportations pour les filières agroalimentaires de terroir.
- Structuration : Création du Concours Tunisien des Produits du Terroir comme outil de promotion mondiale.
- Transition : Fin du soutien de l’ONUDI et de la Suisse, transfert vers les politiques publiques nationales.
- Enjeu majeur : Institutionnaliser le modèle pour garantir la durabilité face au risque de déstructuration.


