Le projet du « Plan de développement 2026-2030 » n’a pas respecté les délais prévus par la Constitution, laquelle prévoit que ce document doit être finalisé, au plus tard le 22 décembre 2025, a indiqué l’Observatoire Tunisien de l’Economie (OTE) pointant plusieurs défaillances relatives notamment, au manque d’expertise et de ressources financières et au manque de coordination.

Dans une note, publiée samedi, l’observatoire rappelle que le projet du plan n’a pas encore été soumis à l’approbation du Conseil National des Régions et des Districts (CNRD), de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), ni du Conseil des ministres.

Le Plan de développement 2026-2030 s’est donné pour principales orientations: le développement du capital humain, l’instauration de la justice sociale, l’établissement du développement régional équitable, la réalisation de l’aménagement du territoire inclusif et, enfin, la mise en place d’une économie diversifiée et compétitive qui appuie l’initiative privée.

Il s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle “approche ascendante”, partant du niveau local, et progressant vers le niveau national, conformément aux orientations établies par la Constitution de 2022. Selon l’OTE, cette approche impose plusieurs interrogations relatives à sa compatibilité avec le cadre institutionnel existant et à sa capacité réelle à répondre aux défis économiques, sociaux et financiers croissants auxquels le pays est confronté.

Pour l’observatoire le processus sera confronté à de nombreuses difficultés et lacunes, ce qui nuira au caractère participatif et progressif du Plan de Développement. Parmi ces difficultés, l’Observatoire a pointé de doigt le délai court (deux mois) dédié à l’élaboration de visions de développement globales, un accès restreint aux données économiques et sociales actualisées, une faible coordination entre les structures régionales…

Il s’agit, aussi, de défaillances relatives au manque d’expertise et de ressources financières, ainsi qu’au faible investissement public et à l’absence de critères de transparence et de processus clairs de responsabilisation.

L’Observatoire s’est interrogé, également, sur l’adéquation du processus d’élaboration du Plan de développement avec les moyens réels de l’Etat et sa capacité à atteindre les objectifs escomptées et à instaurer un développement régional équitable qui répond aux besoins spécifiques de chaque région.

A noter que le taux de réalisation de projets n’a pas dépassé 39% sur la période 2021-2024, d’après la loi de finances 2025.

L’OTE n’a pas manqué, par ailleurs, de rappeler qu’un seul plan de développement quinquennal (plan 2016-2020) a été adopté, durant les 15 dernières années, grâce à l’appui de cabinets de conseil étrangers, ajoutant que ce plan, qui a été marqué par une lenteur au niveau de la mise en œuvre de projets, n’a pas réussi à relever les défis fixés (taux de croissance, emplois, réduction de la pauvreté et des disparités régionales…).