La sélection tunisienne s’apprête à faire son entrée en lice au Mondial-2026 dans la nuit de dimanche à lundi (03h00), au BBVA Stadium de Monterrey (Mexique), avec l’espoir de réaliser un bon résultat face à la Suède qui conforterait ses chances de qualification au second tour.
Pour leur septième mondial et troisième consécutif, les Aigles de Carthage espèrent en effet chasser le signe indien et se qualifier pour la première fois de leur histoire au deuxième tour, en comptant sur un jeune groupe animé par une ferme volonté de relever ce défi.
Le sélectionneur national, Sabri Lamouchi, comptera sur un groupe largement renouvelé, composé en majorité de joueurs évoluant dans les championnats européens, pour réaliser un exploit historique qui a fait défaut aux différentes générations ayant représenté le football tunisien depuis le Mondial 1978.
Après avoir écarté plusieurs cadres qui constituaient jusqu’à récemment l’ossature de la sélecion, comme Mohamed Ali Ben Romdhane, Ali Maaloul, Ferjani Sassi et Seifeddine Jaziri, le sélectionneur national a choisi de miser sur la forme du moment et le mérite sportif plutôt que sur l’expérience ou la notoriété.
Par rapport au groupe qui a disputé le Mondial-2022 au Qatar, sept joueurs seulement sont retenus pour le Mondial nord-américain, à savoir Aymen Dahmène, Montassar Talbi, Dylan bronn, Hannibal Mejbri, Ellyès Sekhiri, Ali Abdi et Anis Ben Slimène.
Le Onze national aborde ce Mondial sous les regards attentifs du large public tunisien, partagé entre optimisme et prudence, après les résultats des derniers matches amicaux qui n’ont pas été à la hauteur des attentes, notamment la lourde défaite 5-0 contre la Belgique, qui a suscité de nombreuses interrogations quant à l’état de préparation du groupe et à sa capacité à réaliser un bon parcours.
“Le match face à la Suède est une étape décisive pour la parcours de la Tunisie” (Anis Ayari)
A ce propos, l’ex-international Anis Ayari a estimé, dans une déclaration à l’agence TAP, que la contre-performance face à la Belgique pourrait être bénéfique pour la sélection tunisienne si ce dernière en a bien tiré les enseignements. Selon lui, elle a permis d’identifier plusieurs insuffisances qu’il sera nécessaire de corriger avant d’affronter la Suède. Il a appelé les joueurs à faire preuve de concentration maximale lors de cette première rencontre qui sera déterminante pour la suite du parcours tunisien dans la compétition.
Selon Ayari qui a participé au Mondial 2006, face à la Suède, on verra une équipe tunisienne plus déterminée à réaliser un début réussi. Il considère que la Tunisie possède les moyens de rivaliser avec l’équipe suédoise si elle évolue à son meilleur niveau. Bien qu’il reconnaisse la qualité de l’adversaire, il souligne que les Scandinaves ne figurent pas parmi les grandes puissances du football mondial, ce qui laisse la porte ouverte à un exploit tunisien.
Evoquant la responsabilité du sélectionneur national, l’ancien joueur du Stade Tunisien, de l’Etoile du Sahel, de Samsunspor turc et de Lorient français a indiqué que Lamouchi est encore en phase de découverte de certains joueurs, mais le fait qu’il ait reconnu les erreurs commises contre la Belgique constitue un signe positif. Selon lui, il devra désormais choisir les meilleurs éléments et adopter une approche tactique adaptée à la fois aux qualités de son équipe et à celles de l’adversaire.
“Je suis certain que le sélectionneur saura tirer les enseignements des récents matches amicaux”, a-t-il affirmé soulignant qu’un résultat positif face à la Suède est indispensable pour espérer se qualifier au deuxième tour avant les rencontres contre le Japon puis les Pays-Bas.
Il a affirmé que “les matches du mondial, particulièrement celui face à la Suède, exigent beaucoup d’agressivité sportive et un grand esprit de vainqueur. Il s’est dit persuadé que “la Tunisie livrera une grande prestation et que le résultat sera à la hauteur de l’engagement montré sur le terrain”.
Le 3-5-2, le choix de l’équilibre et du réalisme
Sabri Lamouchi a procédé à plusieurs ajustements lors des rencontres amicales contre l’Autriche et la Belgique afin de tester différentes options tactiques et d’élargir ses choix. Ces essais entretiennent encore le flou autour de la composition qui débutera face à la Suède ainsi que du système de jeu qui sera adopté.
Selon les informations en provenance de Monterrey, le sélectionneur s’orienterait vers un dispositif en 3-5-2. Avec Mouhib Chamekh dans les bois, la défense centrale serait composée de Montassar Talbi, Omar Rekik et Adem Arous, tandis qu’Ali Abdi et Yan Valery animeraient les couloirs. Au milieu, Ellyes Skhiri et Rani Khedira formeraient le duo récupérateur derrière Hannibal Mejbri, chargé de l’animation offensive. En attaque, Elias Achouri et Firas Chaouat semblent tenir la corde, même si quelques ajustements de dernière minute restent possibles.
La Suède veut renouer avec son glorieux passé avec une génération prometteuse
En face, la Suède effectue son retour sur la scène mondiale après avoir manqué les deux dernières éditions. Portée par des ambitions retrouvées et une volonté affirmée de renouer avec son prestige d’antan, la sélection scandinave se présente avec un effectif talentueux et un visage profondément renouvelé.
La qualification n’a cependant pas été acquise sans difficulté. Après une campagne irrégulière sous la conduite de Jon Dahl Tomasson, la fédération suédoise a choisi de confier les rênes de l’équipe à l’Anglais Graham Potter en octobre 2025. Fort de son expérience dans le football suédois acquise à Östersunds, ce dernier a rapidement insufflé du sang neuf au groupe. Son travail a porté ses fruits avec des succès convaincants en barrages face à l’Ukraine puis à la Pologne, ouvrant ainsi les portes du Mondial à la Suède.
Depuis son arrivée, Potter a instauré une nouvelle philosophie de jeu plus audacieuse, basée sur l’intensité, les transitions rapides et une approche résolument offensive. Cette transformation a permis à plusieurs jeunes talents de franchir un palier et a donné à l’équipe une identité plus dynamique et entreprenante.
Pour sa treizième apparition en phase finale de Coupe du monde, la Suède peut également s’appuyer sur un riche héritage. Finaliste de l’édition 1958 disputée à domicile, elle a aussi décroché la troisième place en 1950 et en 1994. Plus récemment, elle s’était hissée jusqu’aux quarts de finale lors du Mondial 2018 en Russie.
Cette nouvelle génération dispose d’arguments solides, notamment sur le plan offensif. Viktor Gyökeres, auteur de belles performances avec Arsenal, représente l’une des principales menaces grâce à sa puissance et son efficacité devant les buts. A ses côtés, Alexander Isak, attaquant de Liverpool, s’impose comme l’un des attaquants les plus redoutés du championnat anglais, tandis que Dejan Kulusevski apporte sa créativité et sa polyvalence dans les phases offensives.
Sur le plan défensif, l’expérience est incarnée par le capitaine Victor Lindelöf. Le défenseur d’Aston Villa demeure un élément clé chargé d’encadrer une arrière-garde encore en quête de repères lors des grandes échéances internationales.
Malgré ses nombreuses qualités, la sélection suédoise devra toutefois démontrer sa capacité à gérer la pression des grands rendez-vous, d’autant que plusieurs de ses joueurs offensifs manquent encore d’expérience au plus haut niveau international.
Au cours de sa préparation, la sélection suédoise a concédé une défaite (1-3) face à la Norvège et fait match nul avec la Grèce (2-2), des résultats qui en disent long sur l’irrégularité de l’équipe et les défaillances au niveau de la défense.
A noter que cette rencontre sera dirigée par un trio arbitral argentin conduit par l’arbitre central Yael Falcon Pérez, assisté de Maximiliano Del Yesso et Facundo Rodriguez.


