La participation africaine aux expositions internationales doit devenir « un véritable vecteur de diplomatie économique, d’attractivité et de coopération », a déclaré jeudi le ministre tunisien du Commerce, Samir Abid, à l’ouverture à Tunis de la deuxième session africaine du Programme de renforcement des capacités du Bureau international des expositions (BIE).
Réunissant plus de trente hauts représentants de onze pays africains et des délégués des prochaines Expositions mondiales (Osaka 2025, Belgrade 2027 et Riyad 2030), cette rencontre de deux jours, organisée en collaboration avec le Centre de promotion des exportations (CEPEX), vise à dépasser la « présence symbolique » pour faire de ces plateformes un levier d’intégration et de compétitivité du continent.
« L’enjeu dépasse la seule participation : il s’agit de renforcer durablement la capacité des pays africains à agir sur les grandes plateformes économiques internationales », a précisé Abid, réaffirmant l’engagement de la Tunisie pour une Afrique plus intégrée.
Pour sa part, le Secrétaire général du BIE, Dimitri S. Kerkentzes, a souligné la portée symbolique de cette session à Tunis, rappelant que les liens de la Tunisie avec les Expositions internationales remontent à la première Exposition universelle de 1851. « Ces rendez-vous constituent des espaces concrets pour exprimer l’identité des nations et construire des réponses collectives aux enjeux globaux », a-t-il précisé.
Le Président-directeur général du CEPEX, Mourad Ben Hassine, a quant à lui rappelé l’implication opérationnelle de son organisme dans la gestion des pavillons, la logistique et le suivi post-événement. Il a qualifié ce programme d’« opportunité stratégique permettant aux équipes nationales de mieux maîtriser les exigences des prochaines expositions et d’encourager, à terme, l’émergence de candidatures africaines pour l’accueil de futurs événements d’envergure mondiale ».
Les travaux se poursuivent sous forme d’ateliers thématiques animés par des experts du BIE, axés sur la conception des pavillons, les stratégies de communication institutionnelle, l’expérience des visiteurs et la coordination logistique. Outre la Tunisie, qui participe avec une délégation d’une dizaine de représentants, dix autres pays africains membres du BIE prennent part à cette session : l’Algérie, l’Angola, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la République démocratique du Congo, São Tomé-et-Príncipe, le Sénégal, le Togo et la Guinée.
Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de la première session africaine tenue à Libreville, au Gabon, en février 2024, au cours de laquelle la Tunisie avait formulé des recommandations majeures sur l’accompagnement technique et l’anticipation des calendriers opérationnels.
Premier pays arabe et africain à accéder au Bureau exécutif du BIE à Paris, la Tunisie y siège de manière continue depuis 1995, représentée par le PDG du CEPEX. Fondé en 1928, le BIE regroupe aujourd’hui 184 États membres et régule les Expositions universelles et internationales.


