L’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) organisera le jeudi 21 mai à 17h30, à son siège de Mutuelleville à Tunis, une rencontre-débat consacrée à l’ouvrage « De l’histoire des oubliés en Tunisie coloniale : Mines métallurgiques et mineurs (1881-1956) » de l’historienne Zeïneb Mejri.

Cette table ronde, qui se déroulera en langue arabe, propose de faire dialoguer la recherche académique et la création artistique en présence de l’auteure, a indiqué l’Institut. Les discussions seront animées par Inès Delpuech, doctorante en histoire contemporaine à l’Université Paris 8, et Bochra Taboubi, artiste visuelle et designer.

Publié en langue arabe par la maison d’édition Dar Al-Massira et préfacé par l’historien Hédi Timoumi, cet ouvrage de 380 pages paru en 2022 explore l’exploitation coloniale du secteur des minerais métallurgiques (plomb, zinc, fer) en Tunisie sous le protectorat français.

L’étude se focalise sur les mineurs, une catégorie sociale laborieuse que la chercheuse juge insuffisamment documentée par l’historiographie existante. L’auteure y démontre que la colonisation a érigé cette activité extractive en pilier fondamental de l’économie, attirant d’importants investissements étrangers et intégrant le pays dans l’économie capitaliste mondiale au profit de compagnies privées.

L’analyse met en lumière l’émergence d’une nouvelle classe sociale de salariés tunisiens confrontée à la pénibilité des tâches, à de faibles rémunérations, à l’absence de protection sociale et à de fortes inégalités vis-à-vis des travailleurs européens.

Si cette activité a entraîné des transformations spatiales majeures via le développement des réseaux ferroviaires, routiers et portuaires, ou encore l’apparition de villages miniers dans les régions intérieures, Zeïneb Mejri conclut que ce modèle reposait avant tout sur l’épuisement des ressources naturelles et humaines. Elle y appelle à approfondir les recherches sur les groupes marginalisés et à valoriser le patrimoine minier dans la mémoire nationale.

L’universitaire a également publié en 2018 l’ouvrage « Les Marginaux dans la ville de Tunis : 1930-1956 », paru aux éditions de l’Institut Supérieur des Sciences Humaines de Jendouba (Université de Jendouba). Issu de sa thèse de doctorat soutenue en 2010, ce livre de 496 pages enrichi de cartes, de tableaux et de photographies hors-texte était également préfacé par Hédi Timoumi, s’inscrivant dans la continuité de sa démarche de recherche axée sur l’histoire sociale et les populations marginalisées de la Tunisie contemporaine.