L’Agence Tunisienne d’évaluation et d’accréditation dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique a organisé ce lundi, à Tunis, un colloque national consacré à l’examen des moyens susceptibles de mettre en place un système plus efficace et conforme aux normes internationales d’évaluation de la recherche scientifique en Tunisie, tout en tenant compte des spécificités du paysage universitaire national.
La directrice générale de l’Agence, Salma Damak, a précisé dans une déclaration à l’Agence TAP que l’organisation de ce colloque s’inscrit dans le cadre de la révision des critères d’évaluation des activités de recherche scientifique menées par l’Agence, et ce, selon une approche participative réunissant les différents acteurs du système de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, dans le but d’harmoniser les cadres réglementaires nationaux avec les meilleures pratiques et expériences internationales dans ce domaine.
Elle a souligné que ce colloque constitue une étape stratégique pour débattre des moyens de développer un système d’évaluation plus cohérent et plus transparent, fondé sur la qualité scientifique et l’impact économique et social de la recherche, tout en renforçant les principes de la science ouverte, de l’intégrité scientifique et de la valorisation des résultats de la recherche.
Selon Damak, les travaux du colloque devraient aboutir à l’élaboration d’une vision commune sur les orientations récentes en matière d’évaluation de la recherche scientifique, à l’identification des principaux défis liés à la mise en œuvre des mécanismes d’évaluation dans le contexte tunisien, ainsi qu’à l’établissement des bases d’une feuille de route pour les étapes à venir.
La rencontre a été ponctuée de présentations sur les principales tendances internationales récentes en matière d’évaluation de la recherche scientifique, ainsi que de tables rondes participatives visant à définir les priorités opérationnelles et à formuler les principes fondamentaux pour l’élaboration des référentiels et des guides de procédures futurs.
Elle a ajouté qu’une fois les nouvelles normes relatives au système d’évaluation de la recherche scientifique adoptées, des sessions de formation seraient organisées à l’intention de plus de 400 experts relevant de l’Agence, afin de leur permettre d’appliquer ces normes lors de l’évaluation des projets de recherche.
Pour sa part, le chef de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mourad Belasoued, a souligné que l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale en matière de recherche et d’innovation permettrait de renforcer la position de la Tunisie en tant que pôle régional dans les domaines des sciences, des technologies et de l’innovation, et de lui permettre de s’adapter aux mutations rapides que connaît le monde.
Il a ajouté que cette stratégie vise à valoriser les compétences scientifiques nationales et à transformer les résultats de la recherche en solutions technologiques et en start-ups soutenant la croissance économique et le développement durable, tout en renforçant le rayonnement international de la Tunisie et en attirant des partenariats et des investissements.
Il a souligné que la Tunisie dispose d’un capital scientifique important, avec plus de 22 000 chercheurs et près de 12 000 doctorants, ainsi qu’une production scientifique qui la place parmi les premiers rangs en Afrique en termes de nombre de publications scientifiques et de densité de chercheurs.
Malgré ces indicateurs positifs, Belasoued a souligné que le système de recherche et d’innovation reste confronté à plusieurs défis, notamment le financement limité de la recherche scientifique et la faible contribution du secteur privé, ainsi que la fragmentation des structures de recherche et la difficulté de coordination entre elles, sans oublier la faiblesse de la coopération entre les établissements universitaires et l’environnement économique et social.
Il a ajouté que le ministère œuvre pour améliorer la gouvernance et renforcer la coordination entre les différents acteurs, afin d’orienter la recherche scientifique vers les priorités nationales et parvenir à un développement économique et social durable.


