Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, a annoncé, vendredi, une série de mesures destinées à renforcer la lutte contre les maladies phytosanitaires et les ravageurs , et ce, à l’issue des travaux du premier atelier national consacré à cette thématique, tenu à Tunis.
Les mesures annoncées portent notamment sur la création d’un réseau national de surveillance et d’échange de données sur les ravageurs, la mise en place de programmes de formation au profit des cadres techniques des commissariats régionaux du développement agricole, ainsi que le renforcement du contrôle phytosanitaire aux niveaux des points de passage frontaliers et l’intensification des campagnes de sensibilisation.
Présidant la cérémonie de clôture de cet atelier, organisé les 14 et 15 mai 2026, sur le thème « Les maladies et ravageurs en Tunisie : de la recherche aux solutions de terrain », le ministre a souligné l’importance de transformer les résultats de la recherche scientifique en solutions opérationnelles capables de protéger durablement les filières agricoles.
Abordant la lutte contre la cochenille du cactus, il a réaffirmé l’orientation vers la réhabilitation de la filière du figuier de Barbarie à travers l’adoption de variétés résistantes et de bonnes pratiques agricoles, tout en soutenant les unités d’élevage de la coccinelle mexicaine et en encourageant les jeunes promoteurs ainsi que le secteur privé à investir dans ce domaine.
Concernant la prévention contre la bactérie Xylella fastidiosa, le ministre a annoncé l’actualisation de la commission nationale chargée du suivi du programme de prévention contre l’introduction de cette bactérie en Tunisie, ainsi que le lancement de programmes de recherche visant à cartographier la propagation des insectes vecteurs et à évaluer la résistance des variétés locales d’oliviers.
Il a également, appelé à intensifier la lutte contre les mauvaises herbes résistantes aux herbicides dans la ceréaliculture, à travers l’actualisation de leur cartographie et la création d’une plateforme de données dédiée aux bonnes pratiques de lutte intégrée.
Dans le secteur des agrumes, il a plaidé pour une accélération de la généralisation des plants certifiés et tolérants au virus de la « tristeza », annonçant un délai de cinq ans pour parvenir à une transition complète vers la production de plants certifiés. Une ligne de financement sera a cet effet, mise en place afin de soutenir les opérations d’arrachage et de replantation dans les zones affectées.
Enfin, le ministre a appelé à consolider l’approche participative entre les différentes parties prenantes et à faire de la recherche scientifique agricole un outil d’anticipation et d’adaptation face aux défis climatiques et sanitaires, dans l’objectif de préserver la durabilité des systèmes de production et de renforcer la souveraineté alimentaire nationale.
Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les structures de recherche, les services techniques et les professionnels afin d’améliorer les dispositifs de veille, de diagnostic, d’alerte précoce et d’intervention rapide face aux risques phytosanitaires.


