Le département des offices et des institutions publique de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a réaffirmé ce lundi son refus catégorique de toute forme de cession du quai vrac solide du port de Rades (gouvernorat de Ben Arous), appartenant à la Société tunisienne d’acconage et de manutention (STAM), estimant que cette démarche porte atteinte au rôle de l’institution publique et à la souveraineté nationale.

Dans un communiqué publié à l’issue d’une assemblée générale syndicale des travailleurs de la STAM, le département a précisé que le quai des vracs solides constitue une activité importante et historique de la société, et non un nouveau projet tel qu’il est présenté dans l’appel d’offres n° 3/2026, précisant que l’entreprise en avait assuré l’exploitation jusqu’en 2019 avant le début des travaux d’aménagement.

Il a indiqué que la société avait subi, entre 2019 et 2025, des pertes estimées à environ 20 millions de dinars en raison de l’arrêt de l’activité, bien qu’elle ait continué à assurer la continuité du service public dans des conditions difficiles, tout en élaborant une étude pour le développement de l’exploitation du quai et en allouant des crédits d’un montant de 40 millions de dinars pour l’acquisition de nouveaux équipements.

Les participants ont estimé qu’impliquer cette activité dans le cadre d’appels d’offres ouvre la voie à une « cession déguisée » et écarte le rôle de l’établissement public au profit d’options « qui ne servent pas l’intérêt national », selon le texte du communiqué.

Ils ont également mis en garde contre les répercussions du transfert d’une partie des activités portuaires vers le quai en question, estimant que cela pourrait affaiblir le rôle des ports intérieurs et perturber l’équilibre du système portuaire national.

Les participants ont, par ailleurs, dénoncé le « silence » du ministère des Transports, de l’Autorité générale de partenariat public-privé et de l’Office de la marine marchande et des ports, face aux courriers envoyés pour demander la tenue d’une réunion d’urgence afin de clarifier l’issue du dossier.

Les travailleurs de la Société tunisienne de transport et de manutention ont réaffirmé leur attachement au droit de l’entreprise à récupérer et à exploiter cette activité, tenant l’autorité de tutelle pour responsable de l’évolution de la situation et se déclarant prêts à mener toutes les formes de protestation, y compris une grève générale dans tous les ports de la République et l’organisation d’une conférence de presse pour exposer les détails du dossier à l’opinion publique.