Il s’agit d’offrir ainsi la possibilité aux associations actives de la société civile, aux acteurs des domaines du patrimoine et de la culture, et aux structures publiques locales de la région de la signer et d’exprimer leur engagement à œuvrer à la mise en œuvre de son contenu de manière à consacrer les valeurs de préservation, de sauvegarde et de valorisation du patrimoine au profit des générations futures, dans le cadre de la responsabilité et de la coopération communes.

Le président de l’association, Saad Dandani, a confirmé à l’agence TAP le lancement du processus de signature de la charte suite à sa présentation lors de la journée d’étude ” La Manouba : histoire, mémoire et patrimoine ” organisée samedi, à la bibliothèque régionale de la Manouba par l’association, en collaboration avec la Délégation régionale aux Affaires culturelles, l’Espace l’Initiative, le Laboratoire des régions et des ressources patrimoniales de Tunisie et l’Institut supérieur des métiers du patrimoine.

M. Dandani a souligné que cette la charte est le fruit d’une profonde prise de conscience de la richesse culturelle et des ressources patrimoniales variées que recèle la région, avec notamment les paysages naturels, les monuments historiques, les sites archéologiques et les sites urbains traditionnels, ainsi que le patrimoine immatériel varié constitué de coutumes, de traditions et de mémoire collective.

La charte reflète également une prise de conscience claire de l’ampleur des menaces qui pèsent sur le patrimoine, qu’elles soient dues à la faiblesse des moyens et au manque de structures spécialisées en matière de maintenance, de restauration et d’entretien, aux transformations urbaines et aux interventions qui en découlent et qui peuvent porter atteinte au patrimoine, ou encore à la faiblesse des politiques de valorisation et de promotion, selon lui.

Elle s’inscrit également dans la conviction que la préservation du patrimoine est l’un des moteurs du développement durable et un outil permettant de renforcer le sentiment d’appartenance et l’identité locale.

La charte constitue un cadre de référence pour l’action commune, un engagement éthique et collectif qui ne se limite pas à une simple déclaration d’intention, mais un point de départ pour unifier les efforts et coordonner les initiatives en matière de protection et de valorisation du patrimoine dans la région, ajoute la même source.

Elle comprend de nombreux engagements, au premier rang desquels figure la reconnaissance du patrimoine, sous ses différentes formes matérielles et immatérielles, comme bien collectif et patrimoine commun qu’il convient de préserver et de transmettre aux générations futures, puis d’œuvrer à la sauvegarde des monuments historiques et des sites patrimoniaux et de les protéger contre toute forme de dégradation, d’atteinte ou d’utilisation inappropriée.

Le président de l’association a également souligné la nécessité de soutenir la recherche scientifique et les études de terrain sur le patrimoine de la région, d’encourager les partenariats avec les universités et les centres de recherche afin de produire des connaissances scientifiques précises et actualisées.

Il a relevé l’importance de renforcer la collaboration entre les associations, les structures publiques, les collectivités locales et les acteurs économiques afin d’assurer une bonne gouvernance, et créer des espaces numériques de concertation entre les différents acteurs, afin de concrétiser des projets communs dans le domaine du patrimoine ayant un impact réel sur le terrain.