Augmentations SalarialesDans une lecture critique des chiffres annoncés sur l’augmentation des salaires, le professeur d’économie Ridha Chekandali dresse un tableau différent des attentes. Il affirme que l’écart entre le salaire « brut » et le salaire « net » absorbera une grande partie de ces augmentations. Leur impact réel sur le pouvoir d’achat des citoyens restera donc limité.

Dans une déclaration à Express FM, Chekandali a expliqué que les retenues fiscales et sociales réduiront la valeur réelle des montants annoncés. Cette baisse concernera surtout les catégories les plus représentées dans la fonction publique.

Répartition des augmentations par catégories : qui en profite ?

Selon Chekandali, les chiffres révèlent des écarts notables entre les différentes catégories de fonctionnaires sur les trois prochaines années.

Les catégories A1 et A2, les plus nombreuses, représentent environ 70% des agents. Elles seront les « moins favorisées ». Pour la catégorie A1, l’augmentation nette ne dépassera pas 62 dinars en 2026. Elle atteindra un pic de 93 dinars en 2027, avant de reculer fortement à 48 dinars seulement en 2028. Pour la catégorie A2, les hausses varieront entre 67 dinars la première année et 60 dinars la dernière année.

Pour les catégories intermédiaires et ouvrières, le tableau est légèrement différent. Les catégories A3 et B enregistreront une augmentation d’environ 100 dinars en 2026, avant une baisse progressive au cours des deux années suivantes.

Les catégories C et D bénéficieront, pour leur part, de hausses relativement stables en 2027 et 2028, autour de 63 dinars, après une première progression en 2026.

Bilan sur trois ans : une répartition contrastée

Selon cette analyse, la catégorie A3 sera la principale bénéficiaire en 2026. En 2028, l’avantage relatif reviendra aux ouvriers ainsi qu’aux catégories C et D.

Sur l’ensemble de la période 2026-2028, la catégorie D apparaît comme la plus avantagée. À l’inverse, les catégories A1 et A2 subiront un désavantage relatif marqué.

Le pouvoir d’achat face à l’inflation

Chekandali conclut que ces augmentations, malgré leur portée symbolique, resteront d’un effet limité. Elles ne permettront pas de suivre la hausse continue des prix, notamment ceux des produits de base.

Selon lui, près de 70% des fonctionnaires de l’État ne ressentiront pas d’amélioration significative de leurs conditions de vie. Ces revalorisations risquent ainsi de n’être que des « calmants » temporaires, incapables de résister longtemps à l’érosion accélérée du pouvoir d’achat.

EN BREF

  • Impact réel limité : 70% des fonctionnaires ne connaîtront pas d’amélioration concrète de leur niveau de vie.
  • Pression fiscale : L’écart brut/net absorbe la majeure partie des revalorisations annoncées.
  • Catégories pénalisées : Les cadres A1 et A2 sont les moins favorisés (hausse nette de seulement 48 DT pour l’A1 en 2028).
  • Gagnants relatifs : La catégorie D (ouvriers) présente le profil le plus stable sur la période 2026-2028.
  • Érosion monétaire : Les hausses sont jugées insuffisantes face à l’inflation des produits de base.