
« Nous travaillons, depuis des mois, sur l’élaboration de cet accord, qui devrait être signé prochainement. L’objectif de cet accord est de tirer profit de bonnes pratiques aussi bien au niveau continental qu’au niveau de la relation bilatérale entre la Tunisie et la RDC », a précisé Rouis, lors de son intervention à un panel organisé en marge de la 9ème édition de la conférence internationale “Financing Investment and Trade in Africa” (FITA 2026)
Outre le développement de partenariats industriels directs entre les entreprises des deux pays, cet accord vise à améliorer le climat des affaires entre la Tunisie et la RDC, en simplifiant les procédures, harmonisant les lois, et en oeuvrant à introduire des incitations fiscales et financières spécifiques pour encourager les investissements.
À travers cette convention, des mesures concrètes et pratiques seront proposées pour renforcer le partenariat industriel Tunis-Kinshasa, a-t-elle précisé.
Ainsi, pour se positionner dans les chaînes de valeur africaines et faire de la Tunisie un hub industriel et d’investissement pour l’Afrique, l’industrie tunisienne doit s’appuyer sur des accords commerciaux ciblés et augmenter les exportations ainsi que les investissements directs étrangers.
“La Tunisie a été pour longtemps dépendante du marché européen alors que le marché africain présente un réel potentiel, mais il est sous-exploité et la présence des entreprises tunisiennes ou des investissements tunisiens dans ces pays est très faible”, a-t-elle encore dit.
« Il y a beaucoup d’opportunités qui ont été identifiées, notamment avec les pays de l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest, d’où la nécessité de cibler des marchés à fort potentiel et à forte dynamique comme par exemple le Nigeria, le Ghana, le Kenya, pour une intégration durable dans les chaînes de valeur africaines”, a noté Manel Rouis.
Elle a également appelé à aller au-delà de l’exportation et à favoriser désormais la coproduction et le co-développement au sein du continent africain.
Pour sa part, Yosri Charkaoui, président de l’association des hommes d’affaires égyptiens et africains (EABA) a mis l’accent sur le développement des échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Egypte, faisant remarquer que les indicateurs montrent une orientation pour les deux pays vers l’élargissement du volume des échanges commerciaux, qui devraient dépasser le seuil de 500 mille dollars durant la période 2025-2026.
Il a appelé, à cette occasion, à faciliter les procédures et accélérer l’octroi des visas, ainsi qu’à renforcer la présence des investisseurs tunisiens en Égypte. Dans une optique de coopération régionale, il a évoqué la possibilité d’organiser une foire internationale dédiée à l’Afrique de l’Ouest. Cet événement devrait se tenir en 2027 dans la ville de Sfax.
Une plateforme, qui centralisera toutes les informations essentielles sur les produits, les marchandises et les services disponibles à travers le continent africain, incluant également les prix pratiqués, sera opérationnelle d’ici huit mois, a-t-il fait savoir.
Il convient de rappeler que la contribution de l’industrie tunisienne dans le produit intérieur brut (PIB) oscille entre 17 % et 18% du PIB. Elle emploie environ 520 000 personnes, soit un taux d’emploi à hauteur de 20%. 90% des exportations du pays sont réalisées à travers les entreprises industrielles, générant des recettes d’exportation de l’ordre de 50 milliards de dinars.
Le tissu industriel comporte plus de 4500 entreprises industrielles qui emploient 10 personnes et plus. Près de la moitié de ces entreprises sont totalement exportatrices. Le secteur du textile et de l’habillement occupe la première place, constituant 30 % du tissu industriel, suivi des secteurs de l’agroalimentaire ainsi que des industries mécaniques et électriques (IME).
La stratégie industrielle à l’horizon 2035 a identifié des leviers principaux pour donner un nouvel élan à l’internationalisation des entreprises, à travers trois axes.
Il s’agit du développement et d’exploitation des accords de libre-échange avec des pays européens ou africains, la promotion des exportations tunisiennes, l’encouragement des entreprises industrielles à s’implanter sur les marchés extérieurs et la promotion de nouveaux investissements directs étrangers (IDE) pour se positionner dans les chaînes de valeur africaines.


