L’Afrique qui dispose de 60% du potentiel mondial de l’énergie solaire, n’utilise que 5% de son potentiel hydroélectrique, a affirmé Jamel Ksibi, président de la Fédération Nationale des Entreprises du BTP relevant de l’UTICA (FNEBTP), soulignant l’importance de la contribution du secteur privé au développement du secteur des infrastructures en Afrique, désormais reconnu comme le socle incontournable de la transformation économique et de l’opérationnalisation des chaînes de valeur intégrées.
Intervenant, mardi, lors d’un panel sur le “Développement des infrastructures en Afrique : fondements des chaînes de valeur continentales”, organisé en marge de la 9ème édition de la conférence internationale “Financing Investment and Trade in Africa” (FITA 2026), le responsable a appelé à la nécessité de changer de modèle de développement en plaçant les “chaînes de valeur intégrées au cœur de la souveraineté productive du continent, pointant du doigt dans ce cadre la sous-capitalisation des entreprises, la sous exploitation des talents, outre l’immigration des jeunes compétences.
Présentant l’expérience de son pays, notamment les efforts déployés en vue de concrétiser cette intégration continentale, le ministre libyen de l’Habitat et de l’aménagement du territoire, Issam Jomaa Al Tamouni a fait savoir que son pays œuvre à développer des liaisons entre le l’Afrique du Nord et le reste du continent .
“Notre principal objectif est de développer le commerce transfrontalier entre la Libye et la Tunisie et les autres pays, à créer des zones industrielles et de libre-échange afin de réduire l’immigration illicite, outre le développement des relations avec les pays voisins; à savoir la Tunisie, l’Algérie, le Niger, le Tchad et le Soudan et l’Egypte”.
Ceci favorisera la compétitivité des entreprises qui auront accès à des opportunités de commerce ou d’investissement et fournira des postes d’emplois en faveur de la main d’œuvre des pays voisins, a-t-il encore fait savoir.
Pour sa part, Mahaman Salissou, ministre nigérien de l’Equipement et des infrastructures a indiqué que son pays enclavé qui n’a pas d’accès à la mer avec une population de 27 millions d’habitants, dont 80% population rurale, le développement des infrastructures constitue une priorité absolue pour assurer le transport des produits des centres de production vers les centres commerciaux et favoriser l’accès de la population aux soins de santé et à l’éducation.
” Nous disposons actuellement d’un réseau routier d’environ 23800 kilomètres, dont 6000 kilomètres bitumés et 35% de très bonne qualité”, a-t-il indiqué, ajoutant que l’objectif est de développer ce réseau pour pouvoir assurer la transformation économique, le développement des chaines de valeur et favoriser la compétitivité des produits grâce à l’amélioration de la qualité et la réduction des coûts.
Il a cité dans ce sens les projets en cours, dont le corridor économique avec le Burkina Faso et le Togo, une route qui va vers la frontière burkinabè et qui relie le Niger au port de Lomé, outre le projet de réhabilitation du tronçon routier Maradi – Zinder (environ 234 km), ainsi que la route transsaharienne qui permettra de relier le pays à l’Algérie.
Il a fait savoir par ailleurs que son pays envisage de développer le transport ferroviaire, et ce, dans le cadre de la promotion de la transformation des ressources minières.
La 9ème édition de la conférence internationale “Financing Investment and Trade in Africa” (FITA 2026) ouverte, mardi à Tunis, est organisée par le Tunisia-Africa Business Council (TABC). Ce conclave de deux jours ambitionne de placer les “chaînes de valeur intégrées” au cœur de la souveraineté productive du continent.
Le programme de cette conférence, organisée sous le thème “Chaînes de valeur africaines : Développer des leviers stratégiques pour la transformation du continent”, prévoit des interventions de haut niveau, incluant des représentants du gouvernement en Tunisie et des partenaires internationaux, avec un focus particulier sur l’industrialisation et l’intégration régionale.
La Guinée est l’invité d’honneur africain et le Canada est l’invité d’honneur international à cette édition de “FITA” qui s’est fixée, entre autres objectifs, d’encourager les partenariats Sud-Sud pour une production locale plus résiliente, compétitive et durable.


