« L’écrivain doit être du côté de la beauté et non de l’idéologie », a déclaré le romancier algérien Said Khatibi, lauréat du Prix international de la fiction arabe (Booker 2026), dans un entretien accordé à l’agence TAP à l’occasion de sa participation à la 40e édition du Salon international du livre de Tunis.

Accueilli sur le stand de l’agence, l’auteur, primé pour son roman « Je lutte contre le cours du fleuve » (Oughalibou majra alnahr) pau aux éditions Hachette Antoine, a considéré que cette distinction constitue « un couronnement pour la littérature algérienne et maghrébine », soulignant qu’elle récompense « une littérature sincère et belle ».

Évoquant son parcours, il a indiqué que le journalisme lui a appris « la discipline, la continuité, l’économie du langage » ainsi que « l’écoute de l’autre ».

Son roman aborde une période précédant la « décennie noire » en Algérie, mettant l’accent, selon lui, sur « les causes de cette crise plutôt que sur ses conséquences », et portant un appel à la mémoire, à la tolérance et au dépassement du passé.

Interrogé sur le rapport des jeunes à la lecture, Saïd Khatibi a estimé que « la sincérité » et « la liberté » constituent les conditions essentielles pour capter le lecteur.

Installé en Slovénie, l’écrivain a également évoqué la tradition migrante de la littérature algérienne, citant notamment Saint Augustin, Kateb Yacine et Ahlam Mostghanmi, estimant que la distance permet une meilleure lecture de soi et de son pays.

Concernant la critique littéraire, il a relevé un recul de sa visibilité, qu’il attribue à la diminution des supports spécialisés face à l’abondance des publications.

Il a enfin appelé au développement des bibliothèques et des réseaux de distribution du livre dans le monde arabe, tout en se disant favorable au recours au livre audio pour la diffusion des œuvres. Il a également mis en avant le rôle des nouveaux supports dans la dynamisation du débat autour du livre et la formation du lectorat.