La présidente de l’Union nationale des femmes tunisiennes (UNFT) Radhia Jerbi, a mis en garde, jeudi, contre l’adoption d’une proposition de loi soumise par certains députés, portant sur la retraite anticipée volontaire pour les femmes travaillant dans le secteur privé.
” Nonobstant ses objectifs juridiques, cette proposition de loi comporte des risques potentiels et pourrait entrainer un déséquilibre financier des caisses sociales”, a souligné Jerbi au cours d’une séance d’audition des représentants de l’UNFT tenue par la Commission de la santé, des affaires de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées au parlement, consacrée à la proposition de loi n° 104 de l’année 2025 relative à la retraite anticipée volontaire pour les femmes travaillant dans le secteur privé.
L’article premier de cette proposition stipule que les femmes travaillant dans le secteur privé et affiliées aux régimes de sécurité sociale peuvent demander une retraite anticipée volontaire à partir de l’âge de 50 ans, à condition d’avoir complété au moins 80 trimestres de contributions effectives ou l’équivalent, et de cesser définitivement toute activité rémunérée.
La proposition a annulé la condition selon laquelle une femme devait être mère de trois enfants pour bénéficier de la retraite anticipée. Cette condition figure actuellement dans le décret numéro 499 de l’année 1974 en date du 27 avril 1974, relatif au régime des pensions d’invalidité, de vieillesse et des survivants dans le secteur non agricole.
D’autre part, Jerbi a indiqué que l’augmentation du taux de scolarisation des femmes et le nombre croissant de femmes diplômées du supérieur dans les spécialités scientifiques ont retardé l’accès des femmes au marché de l’emploi.
Elle a précisé que la proposition de loi pourrait soulever des problématiques telles que le principe d’égalité entre les femmes, mise à part les pressions qui poussent la femme à choisir la retraite anticipée pour éviter les critiques sociales et se consacrer aux obligations familiales.
Pour leur part, les députés initiateurs de la proposition de loi ont affirmé que cette démarche a pour objectif de faciliter l’accès des femmes à la retraite anticipée au cas ou elles n’ont pas d’enfants.
Ils ont précisé que cette proposition consiste principalement à annuler la condition de trois enfants pour les femmes travaillant dans le secteur privé, rappelant que ce choix est volontaire.
Ils ont indiqué que le nombre de femmes travaillant dans le secteur privé ayant opté pour ce système est très faible, ce qui “n’alourdit pas les caisses sociales”, selon leur propos.
A la fin, les députés ont appelé à la nécessité d’organiser d’autres réunions à ce sujet et d’approfondir la réflexion autour des solutions permettant de promouvoir la situation sociale des femmes travaillant dans le secteur privé, selon un communiqué publié par le parlement.


