Le Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES) a fermement dénoncé, mardi, la dégradation environnementale au niveau de la décharge d’Errahma, située dans la délégation de Menzel Bouzelfa (Gouvernorat de Nabeul), mettant en garde contre les répercussions environnementales et sanitaires qui en découlent.
Le communiqué du Forum qui intervient suite à une visite de terrain à la décharge effectuée le 16 avril 2026 par le ministre de l’Environnement, a précisé que cette décharge qui reçoit quotidiennement plus de 500 tonnes de déchets provenant de 14 délégations, a largement dépassé sa capacité d’accueil et sa durée de vie technique.
Par ailleurs, l’arrêt d’activité de la station de traitement de la décharge a entraîné des fuites massives de lixiviat (liquide issu de la dégradation des déchets). Ces substances toxiques submergent les terres agricoles environnantes et se déversent dans l’oued Chiba, dont les eaux sont utilisées par les agriculteurs locaux pour l’irrigation des cultures maraîchères. Outre la pollution des eaux, les riverains subissent des odeurs nauséabondes et la prolifération de chiens errants, représentant un danger sanitaire majeur, a encore fustigé le forum.
Selon le Forum, “malgré le constat des infractions par le ministre et les représentants de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED), les réponses officielles se sont limitées à des “promesses”, sans calendrier précis ni financements clairs”.
Par ailleurs, l’ANGED qui a, selon le FTDES, exprimé la difficulté de mobiliser les fonds nécessaires pour la réhabilitation du site et la création d’une nouvelle unité de traitement, poursuit l’extension de la décharge à proximité immédiate de la route principale.
Face à ce constat, le FTDES a fait porter la responsabilité de ces manquements à la société SEGOR, qui exploite la décharge en vertu d’un contrat signé avec l’ANGED, ainsi qu’à cette dernière à qui incombe la responsabilité de gestion des décharges dans le pays.
Le Forum a, en outre, dénoncé la criminalisation persistante du mouvement environnemental et les poursuites judiciaires engagées contre les militants de la région Errahma et réitéré son engagement à continuer de leur apporter le soutien nécessaire ainsi qu’à tous ceux et celles qui revendiquent leur droit à un environnement sain.


