Un groupe d’agriculteurs du gouvernorat de Jendouba ont exprimé leur vive inquiétude face à l’interruption persistante de l’eau d’irrigation, particulièrement en cette période qu’ils qualifient de “sensible”, notamment pour les cultures céréalières, les fourrages et la betterave sucrière.

Dans des déclarations concordantes à la TAP, ils ont expliqué que le recours à l’irrigation s’impose en raison des effets des changements climatiques, marqués par une hausse progressive des températures, alors que les céréales et les arbres fruitiers nécessitent, à ce stade de la saison, des traitements phytosanitaires et des apports en fertilisants.

Les agriculteurs ont également souligné que le cheptel a besoin d’eau pour l’abreuvement et d’aliments fourragers, appelant le commissariat régional au développement agricole à rouvrir les points d’irrigation.

De son côté, un expert agricole a souligné à la TAP que les cultures céréalières “traversent actuellement les phases de montaison et de gonflement”, deux stades qui influent directement sur le rendement des récoltes et qui demeurent étroitement liés à l’apport hydrique dont bénéficie la plante.

“Les champs céréaliers ont particulièrement besoin d’eau à ce stade du cycle végétatif, une phase sensible et d’une importance capitale », selon lui.

Cette mobilisation intervient après plus de deux semaines sans précipitations, une situation qui a affecté les céréales et les fourrages verts destinés à l’alimentation animale, en particulier des vaches laitières, alors même que les barrages de la région disposent, selon les agriculteurs, de réserves d’eau relativement importantes.

Pour sa part, le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche (URAP) à Jendouba, Lotfi Jammazi, a estimé dans une déclaration à la TAP que l’état des cultures céréalières dans le gouvernorat demeure, à ce stade, globalement rassurant.

Il a toutefois souligné la nécessité de garantir des conditions propices à une production satisfaisante sur les superficies emblavées, affirmant que l’eau constitue le principal facteur de sécurité pour ces cultures.

Il a également indiqué que l’Union travaille en coordination avec les autorités concernées afin de rétablir l’approvisionnement en eau d’irrigation et de remédier à la panne affectant le réservoir d’alimentation, ajoutant que les opérations de maintenance devraient s’achever dans les prochains jours.

Le correspondant de la TAP n’a pas été en mesure d’obtenir des éclaircissements auprès du commissariat régional au développement agricole.