HarissaUne consultation nationale s’est tenue aujourd’hui, jeudi, au Centre des arts et des lettres Ksar Saïd au Bardo (CACL), dans le cadre du projet “Food Atlas : Atlas international et plateforme numérique pour la sauvegarde, la promotion et la transmission des traditions alimentaires aux générations futures”. Ce projet aboutira au lancement d’une plateforme numérique destinée à promouvoir le patrimoine alimentaire de 16 pays, dont trois pays arabes, à savoir la Tunisie, le Maroc et le Qatar.

La Responsable adjointe su Secteur de la Culture au Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb (basé à Rabat) Sanaa Allam, a indiqué que la plateforme numérique de ce projet, financé par le Royaume d’Arabie saoudite, sera officiellement lancée en 2027. Les travaux ont débuté en 2023 et le projet est actuellement dans sa deuxième phase, au cours de laquelle de nouveaux pays, dont la Tunisie, ont rejoint le projet.

Évoquant le contenu et les objectifs de la plateforme, la représentante de l’UNESCO à Rabat a expliqué qu’il s’agit d’une plateforme numérique dédiée aux traditions et coutumes alimentaires de chaque pays. Elle recensera ces pratiques et traditions et explorera les moyens de les valoriser et de les transmettre aux générations futures.

Cet objectif sera atteint en intégrant un ou deux éléments de chaque pays, ce qui permettra de recenser plus de cinquante d’éléments culinaires sur la plateforme des pays partenaires du projet représentés par les continents américain, européen et asiatique ainsi que trois pays arabes.

Le représentant de la Direction de coopération internationale et des relations extérieures au ministère des Affaires culturelles, Slim Doudech, a, pour sa part, indiqué que le plat tunisien proposé pour figurer sur la plateforme de l’Atlas alimentaire est l’harissa. Il a souligné son caractère unique et distinctif, qui reflète l’identité culturelle tunisienne, la richesse anthropologique et sociale du pays, et qui reflète le rôle joué par la femme tunisienne dans la sauvegarde de l’identité tunisienne.

Concernant le rôle de ce projet dans la promotion du patrimoine culinaire tunisien, M.Doudech a insisté sur son importance dans la mise en valeur et la promotion des traditions alimentaires tunisiennes à l’échelle mondiale, contribuant ainsi à une meilleure reconnaissance du riche patrimoine culturel de la Tunisie et de l’importance de son héritage civilisationnel. Les éléments tunisiens qui seront abordés lors de cette consultation nationale, qui rassemble des experts et des professionnels du patrimoine afin de discuter des coutumes et traditions culinaires tunisiennes, ainsi que des politiques et stratégies relatives à leur préservation, seront identifiés. Ces éléments seront présentés et documentés en reliant leurs recettes spécifiques à leur contexte culturel, social et économique.

A propos des prochaines étapes du projet, Sanaa Allam a indiqué que cette réunion consultative sera suivie d’ateliers de renforcement des capacités destinés aux spécialistes et experts du domaine ainsi qu’à d’autres acteurs afin de définir le cadre de référence du projet en Tunisie.

Ce cadre s’appuie sur la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, que la Tunisie a ratifiée en 2006. La Convention vise à sauvegarder et à promouvoir le patrimoine, à sensibiliser le public à son importance et à souligner le rôle essentiel de la coopération internationale dans sa préservation.

Parmi les participants à cette réunion consultative figuraient des représentants d’organismes patrimoniaux relevant du ministère des Affaires culturelles, des experts et des représentants du ministère du Tourisme, ainsi que des organisations de la société civile actives dans le secteur du patrimoine.

Il convient de noter que la Tunisie a inscrit dix éléments sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, dont deux éléments alimentaires : « La Harissa : savoirs, compétences et pratiques culinaires et sociales » dans un dossier national en 2022, et le dossier «Les savoirs, savoir-faire et pratiques liés à la production et à la consommation du couscous», un dossier maghrébin enregistré en 2020, en plus d’inclure plusieurs éléments alimentaires dans l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel, qui est mis à jour annuellement.