
Ces activités figurent parmi les plus concernées par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) mis en place par l’Union européenne. Ce dispositif impose progressivement des coûts carbone sur les importations de produits à forte intensité d’émissions, ce qui pourrait affecter la compétitivité des entreprises tunisiennes orientées vers l’export.
Dans ce contexte, le développement des énergies renouvelables apparaît comme un levier stratégique. La Tunisie compte environ 3,5 millions de ménages, correspondant à autant de compteurs intelligents. Le coût global de ce parc est estimé à un milliard de dinars. Ces infrastructures constituent un socle potentiel pour une meilleure gestion énergétique et pour l’intégration accrue des énergies propres dans le mix national.
Cependant, l’attractivité du pays pour les investisseurs du secteur est en recul. Le nombre de développeurs actifs dans les énergies renouvelables est passé de 40 en 2018 à 7 en 2021, puis à seulement 3 ou 4 en 2024. Cette baisse progressive traduit un ralentissement marqué des projets et des engagements financiers.
Les professionnels du secteur pointent principalement un manque de visibilité réglementaire et une instabilité fiscale. Ces facteurs compliquent la planification à long terme et freinent la prise de décision des investisseurs. Les projets nécessitent des horizons clairs, notamment en matière de cadre juridique, de fiscalité et de politiques publiques de soutien.
Dans un environnement international marqué par le durcissement des normes environnementales et par la transition énergétique, la faiblesse de l’intégration industrielle locale et le recul des investissements posent des enjeux économiques majeurs. Ils interrogent la capacité du pays à tirer parti de ses infrastructures existantes et à protéger son appareil productif face aux nouvelles exigences des marchés extérieurs.
EN BREF
- Intégration industrielle photovoltaïque inférieure à 5 %
- 720 000 emplois industriels, dont 350 000 exportateurs
- Exposition directe au mécanisme CBAM européen
- 3,5 millions de compteurs intelligents installés
- Coût estimé à 1 milliard de dinars
- Forte baisse du nombre de développeurs depuis 2018
- Instabilité fiscale et manque de visibilité pointés par le secteur.


