Chypre n’a pas besoin de la totalité de son plan de sauvetage de 10 milliards d’euros

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à Nicosie (Photo : Maria Christodoulou)

[13/03/2015 09:00:02] Nicosie (AFP) Chypre n’aura finalement pas besoin de la totalité des dix milliards d’euros prévus dans le cadre de son plan de sauvetage car son économie se redresse plus rapidement que prévu, a affirmé son ministre des Finances dans un entretien à l’AFP.

“Cela va beaucoup mieux, même si on ne peut pas dire que cela va bien”, a déclaré Harris Georgiades, à quelques jours du deuxième anniversaire de la “crise sans précédent” ayant secoué l’île en 2013.

“L’économie se redresse. Nous sommes toujours en récession mais chaque trimestre voit une amélioration”, a-t-il ajouté jeudi soir, en tablant sur un retour à une “croissance très faible” en 2015.

Au bord de la faillite en raison de la forte exposition de ses banques à la dette grecque, Chypre s’était vu proposer dans la nuit du 15 au 16 mars 2013 un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros. Ce dernier était conditionné à des mesures d’austérité draconiennes et à des prélèvements sur les comptes bancaires, une première qui avait constitué un véritable choc sur la petite île méditerranéenne.

Pour l’instant, Chypre a reçu “un peu plus de six milliards d’euros” de la troïka, selon le ministre.

“Nous avons fait (depuis) des progrès significatifs sur tous les plans”, a souligné M. Georgiades. “Le chômage commence à baisser, les finances publiques sont sous contrôle”, avec “un excédent budgétaire primaire en 2014, deux ans avant ce qui était prévu”, “le secteur bancaire s’est stabilisé et de nouveaux capitaux arrivent”.

Le ministre estime donc que son pays n’aura pas besoin des 10 milliards d’euros promis par les bailleurs de fonds internationaux (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Union européenne).

“Nous ne nous attendons pas à avoir besoin de la totalité de la somme”, notamment en raison du redressement plus rapide des banques, a-t-il expliqué, sans préciser de montant et tout en attendant la prochaine tranche de versement.

Le versement des fonds est suspendu depuis que le Parlement chypriote a bloqué en décembre une loi sur les saisies immobilières, jugeant indispensable une meilleure protection pour les particuliers en situation d’insolvabilité.

Cette loi, réclamée par les bailleurs de fonds, vise à s’attaquer aux problèmes des créances douteuses (les prêts non remboursés depuis plus de trois mois), qui représentent 50% des prêts des banques chypriotes et les fragilisent. M. Georgiades espère un vote dans “les prochaines semaines” pour permettre le versement de la prochaine tranche.

Il s’est par ailleurs engagé à “poursuivre la même politique” pour parvenir à “une croissance durable”, en mettant l’accent sur les réformes structurelles, avec notamment des privatisations et une lutte contre la bureaucratie.