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| ésident de Softbank Masayoshi Son, le 8 août 2014 à Tokyo (Photo : Toshifumi Kitamura) |
[08/08/2014 09:49:20] Tokyo (AFP) “Heureux”: le PDG du groupe japonais de télécommunications SoftBank s’est réjoui vendredi de l’agitation médiatique autour de ses appétits contrariés aux Etats-Unis, où il nourrit néanmoins plus que jamais de très grandes ambitions.
“Il y a eu plein d’informations sur nous ces derniers temps, c’est une vie trépidante ! Ce qui me réjouit le plus dans tout cela, c’est que je suis assis sur le fauteuil du pilote, je tiens le volant, je tourne, à droite, à gauche, j’accélère, je freine, c’est jouissif !”, a lancé en préambule Masayoshi Son, avant de présenter les comptes du groupe.
Le gourou nippon du secteur a implicitement reconnu renoncer pour l’heure à jeter son dévolu sur le quatrième opérateur américain de services cellulaires, T-Mobile US, après avoir déjà avalé le troisième, Sprint.
“Nous allons d’abord mettre nos forces dans le renforcement de Sprint”, a répété le milliardaire.
Pourtant, M. Son campe sur sa position selon laquelle la situation concurrentielle actuelle aux Etats-Unis n’est pas saine.
“Je ne fais pas de commentaires en citant de nom de groupes, jamais, je vous laisse le soin d’imaginer, mais je pense que plutôt qu’un duopole comme c’est le cas, un troisième acteur fort est nécessaire pour une concurrence plus forte” au profit du client, a-t-il expliqué.
“A partir de maintenant, Sprint va pouvoir entrer dans la compétition sur les prix face aux deux grands (Verizon Wireless et AT&T), armé d’un réseau renforcé avec le savoir-faire de SoftBank éprouvé au Japon”, a expliqué cet homme, réputé têtu, qui compte sur le nouveau patron de Sprint, Marcelo Claure, pour mener une stratégie de conquête “agressive” du marché américain.
Après avoir invité un ex-dirigeant de Google tout juste débauché, Nikesh Arora, à s’asseoir sur le siège de copilote pour superviser les activités relatives à internet, aux télécommunications, aux médias et aux investissements mondiaux, M. Son prévient que Softbank ne perdra pas de temps.
“Jusqu’à l’année dernière, nous étions essentiellement un groupe japonais au Japon, mais nos affaires internationales ont d’un seul coup bondi et nous allons encore grossir”, a-t-il prévenu.
– Des résultats en trompe-l’oeil –
Comme à son habitude, M. Son ne s’est pas démonté face à des résultats trimestriels en apparence décevants. Le bénéfice net a certes chuté de 70% sur un an à 78 milliards de yens (562 millions d’euros), mais pour le dirigeant, ce n’est qu’une histoire de chiffres qui ne reflètent pas la bonne santé des affaires.
Si on avait au contraire calculé sans une charge comptable exceptionnelle liée à la galerie marchande Alibaba qui va entrer en Bourse prochainement, le bénéfice net aurait augmenté de 90%, a-t-il assuré.
Il a ajouté que, sans un gain exceptionnel enregistré l’an passé avec l’entrée dans le groupe du développeur de jeux GungHo, le profit opérationnel n’aurait pas perdu 16% cette année.
Si l’on s’en tient aux activités prises une par une, SoftBank affiche en effet des résultats opérationnels honorables, bien que SoftBank Mobile, la principale filiale de services cellulaires au Japon, ait vu ses profits décliner à cause de moindres ventes de smartphones et autres terminaux.
Le chiffre d’affaires trimestriel de l’ensemble du groupe a plus que doublé sur un an à 1.992 milliards de yens (14,4 milliards d’euros) du fait de l’ajout des revenus de Sprint et d’autres sociétés rachetées en l’espace d’un an.
Quatre entreprises au moins (Sprint, Supercell -jeux-, Brightstar – distribution de terminaux mobiles – et Willcom – petit opérateur cellulaire nippon) ont rejoint le groupe entre le 1er trimestre de l’exercice 2013-2014 et celui de cette année, ce qui a modifié le périmètre et occasionné des variations importantes dans la comptabilisation des résultats ou des transactions financières exceptionnelles.
Pour l’ensemble de l’exercice comptable qui s’achèvera le 31 mars 2015, SoftBank n’a comme d’habitude pas fourni de prévisions de résultat net, mais il a confirmé escompter un chiffre d’affaires de 8.000 milliards de yens et un bénéfice d’exploitation de plus de 1.000 milliards de yens, hors éventuels éléments non récurrents.



